G. M. : citoyen-ministre
manquer de rien. C'est un des arguments qui appuient le mieux une négociation politique et qui remplacent le plus utilement les succès qu'elle n'a pas pu avoir. Je ne puis vous cacher d'ailleurs C. M. que je ne vois pas sans inquiétude la division qui existe entre le général Beurnonville et le général Custine et qui existera peut-être toujours entre le général Custine et ses coopérateurs, car tous les hommes, je le dis sans modestie, ne sont pas aussi courageusement patients que moi. Je ne vois pas non plus sans une vive douleur les ministres de la Guerre, de l'Intérieur et de la Marine confier à un Directoire (1) composé de trois personnes dont l'expérience n'égale peut-être pas le patriotisme, la subsistance de tant de millions d'hommes, si ces trois personnes se trompent, si elles sont trompées, si quelque individu de l'ancienne administration des vivres veut nuire indirectement à leurs opérations (ce qui ne sera pas difficile) nos armées et nos colonies peuvent éprouver au moment où on s'y attendra le moins, toutes les horreurs de la disette.
Signé : BmoN.
1. A la date où écrit Biron, la fourniture générale des troupes venait d'être confiée à un groupe de fournisseurs et de manutentionnaires, appelé Directoire, qui assumait la charge de pourvoir nos armées de vivres et de tout le matériel nécessaire. Ce système ne vécut qu'une année.