‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 58 sur 62 · ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

ÉTRANGÈRES

A Strasbourg, le 28 Novembre 1792, l'an I de la République.

L'exécution des ordres du Ministre de la Guerre met le département du Haut-Rhin, la ville de Strasbourg et une partie du département du Bas-Rhin dans un danger si grand et si probable, C. Ministre, que j'ai cru devoir vous en parler encore et confier mes craintes très fondées à votre patriotisme avant de les adresser directement au Comité de FExtérieur de la Convention Nationale et afin d'éviter s'il se peut, une publicité dont je sens les inconvénients, inconvénients cependant préférables aux risques de perdre l'Alsace. Je ne connais pas le C. Pache(l), j'ai bien envie assurément de ne douter ni de ses vertus, ni de ses talents, ni de son patriotisme ; mais lorsque je vois des mesures évidemment dangereuses prises par un Ministre pour ainsi dire élevé par le maréchal de Castries, lorsque j'apprends que ce ministre donne toute sa confiance et les opéra-

1. Pache (Jean-Nicolas), administrateur de la marine à Toulon; avait succédé à Servan comme ministre de la Guerre le 1^ octobre 1792.

lions les plus importantes de son administration à diriger à M. Dufalga (1), officier du génie suspendu à Wissembourg au mois d'août dernier par les commissaires de l'Assemblée nationale pour avoir fait une déclaration par laquelle il refuse de reconnaître l'autorité de l'Assemblée nationale et se considère attaché au Roi par son serment, je ne puis m'empêcher de concevoir beaucoup d'inquiétude, de vous la confier exclusivement, et je ne pourrais m'empêcher de la confier à la Convention nationale si je n'étais pas rassuré par vous C. Ministre dont j'aime à estimer le patriotisme.

Signé : Biron.

N« 101. — A M. ToLOZAN.

Strasbourg le 9 Décembre 1792, I de la République.

Je VOUS répéterai avec grand plaisir, monsieur^ ce que j'ai déjà dit plusieurs fois à M. Galemare, que mon opinion était que votre attachement à votre

1. Gaffarelli du Falga. Il y eut sous la Révolution et l'Empire cinq frères de ce nom ; celui dont il s'agit ici est Louis Marie-Joseph-Maximilien dit : la jambe de bois, lieutenant du génie à Cherbourg en 1781, général de division en 1796. l\ mourut à Saint- Jean-d 'Acre d'une blessure au coude. Il avait eu

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