BIRON A M. TOLOZAN
pairie, au service de la République, vous faisait un devoir de prendre toutes les mesures convenables pour y rentrer. Je n'ai pas laissé ignorer au Ministre de la Guerre que pendant l'absence que votre mauvaise santé vous a forcé de prolonger, vous vous étiez occupé d'objets utiles et relatifs à l'importante administration qui vous était confiée. Je persiste donc à penser, monsieur, que vous feriez une chose digne de votre patriotisme et de votre sagesse en adressant au Ministre de la Guerre et à la Convention nationale un exposé succinct de votre conduite qui prouvât que, n'étant pas sorti de France sans passeport, et n'ayant pas cessé de servir utilement, vous ne devez sous aucun rapport être considéré comme émigré, et que vous demandez à revenir en France et à continuer à vous dévouer à son service.
Signé : Biron.
la jambe emportée au passage du Rhin en 17%, et portait, depuis cette époque, une jambe de bois.
N" 102. — BmoN AU général du Teil(1).
Strasbourg, le 10 Décembre, I de la Republique.
Je reçois dans l'instant, mon cher Général, votre lettre datée du 8 et je ne vous cacherai pas que les reproches qu'elle renferme d'avoir compromis votre honneur et votre responsabilité ne me paraissent pas avoir le moindre fondement. Permettez-moi de vous représenter que mon absence ne vous laisse pas le commandement de l'armée puisque trois lieutenants-généraux y sont employés sous mes ordres ; et qu'à mon défaut, votre commandement ne peut s'étendre que sur la garnison et les postes du Rhin qui en dépendent. Quelle instruction particulière
1. Du Teil. Il y eut sous la Révolution deux généraux d'artillerie du Tt'il, les deux frères. L'aîné Jean-Pierre, né en 1722, colonel du régiment de La Fère en 1777, commandant de récole d'artillerie d'Auxonne en 1779, — où il eut sous ses ordres Bonaparte — maréchal de camp en 1684, inspecteur général d'artillerie en 1791, commandant l'artillerie du Rhin, en 1792, fut traduit devant une commission militaire et fusillé le 27 février 1794. Son frère cadet, Jean, né en 1738, était lieutenant-colonel au régiment d'Auxonne en 1788 et avait pris sa retraite en 1791 quand il fut créé maréchal de camp d'artillerie (25 août 1792) puis général de division l'année suivante. Retraité définitivement le 23 décembre 1813 — il avait 75 ans — il mourut à Ancy-sous-Metz le 25 avril 1820 à quatre-vingt-deux ans. C'est de l'aîné qu'il s'agit ici.