‹ Le duc de Nemours;Chapitre 2 sur 60 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

à moi-ineme, j'étais décidé, et giTune sorte d'élan secret de mon sang avait répondu. Cela n'est point étonnant. Au temps de la Révolution, mon arrièicgrand-pèrc, qui vivait au cœur de la Vendée angevine et qui était, de son état, feudiste à Maulévrier, se leva avec le peuple des métayers, des gars de ferme et des artisans, pour la défense de sa religion et du gouvernement légitime, et partit, comme lieutenant de Stofflet, dans Tarmée vendéenne. Il (il ce qu'on appelle encore là-bas de nos jours, la Grande guerre. Il se battit tant qu'il y eut à se battre. Combien de fois j'ai songé aux rudes années de lutte de ce Français pacifique, fidèle à défendre les deux sources sacrées où la France avait bu la santé et la joie; à ses rencontres avec ses amis des campagnes voisines, à leurs marches dans les chemins creux, à leurs alertes, à leurs combats, à leur dénuement, h leur désir de la paix, à leurs prières, à la certitude qu'ils avaient d'être à la peine avec la fortune de Dieu I J'en connais peu de chose. J'ai appris seulement, par une très vieille parente, dans majeunesse, qu'il était à cheval, qu'il éclairait souvent la marche des Vendéens, et que les filles des Ponts-de-Cé, un jour, lui offrirent un bouquet d'immortelles. Quand ce brave homme recevait l'ordre de porter un pli à travers les champs sans labour, les genêts, les bois, les villages pleins de trahisons, je suis sur qu'il ne refusait pas. S'il avait rencontré un prince, et que celui-ci lui eut dit : « Nicolas Bazin, va là-bas; la

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