Armoiries de la famille d'Houdetot
« Un orage a terminé ma visite dont je suis l'esté soprapensiere.
« A Palestro, on voit encore moins qu'à Magenta. J'ai bien compris néanmoins Tensemble des mouvements en général, et, en particulier, celui du 3^ de zouaves pour enlever les pièces autrichiennes. J'ai été sur Tendroit même. C'est un coup très audacieux et très heureux. »
Le projet qui avait amené le duc de Nemours en Italie fut bientôt repris en Espagne. Le comte d'Eu, nommé, par la reine Isabelle, sous-lieutenant au régiment des hussards de la Princesse, obtint de faire, avec les troupes espagnoles, la campagne du Maroc, qui commença au mois de novembre 1859, et fut attaché au maréchal O'Donnell comme officier d'ordonnance. Il n'avait que dix-sept ans.
« Il débuta par une action d'éclat, dit M. Imbert de Saint-Amand. C'était le 23 janvier 1860 : « Monseigneur, lui dit le maréchal O'Donnell, vous avez reçu sous mes ordres le baptême du feu, j'en suis fier; vous avez fait vos premières armes avec la bravoure habituelle de ceux qui s'appellent les d'Orléans. Je vous nomme, au nom de la reine, chevalier de l'ordre militaire de San Fernando. »
« Le duc de Nemours était venu conduire lui-même son fils à l'armée. Pendant la campagne, il resta à Cadix. C'est de cette ville qu'il écrivit, le 28 janvier 1860, au général Dumas alors à Claremont :
« Depuis longtemps déjà, mon cher général, j'aurais voulu vous remercier de votre bonne lettre du H, car j'ai été bien touché de l'intérêt qu'a excité chez vous et chez nos amis la durée inusitée de notre traversée. Vous en aurez eu les détails à Claremont par nos lettres de Vigo. Depuis lors, j'ai eu le chagrin de me séparer de Gaston (le comte d'Eu), mais aussi la joie de voir qu'il avait promptement et heureusement débuté dans la carrière des armes.
« Comme soldat, comme père et comme ami, vous vous serez associé à ma joie autant que personne, je le sais.
J'ai envoyé hier un petit récit en espagnol de cette première affaire à laquelle mon fils a assisté, et j'ai pensé que vous seriez employé comme interprète pour sa lecture. Il paraît que la charge de cavalerie a été assez brillante et l'action assez vive, puisque je vois, par un récit d'aujourd'hui, qu'un escadron a eu deux tués, dont un lieutenant, et six blessés, Slill harderspo?'tthan hare hunting . (C'est un exercice plus rude que de chasser le lièvre à courre.) Si mes pensées sont partagées entre la Grande- Bretagne et l'Afrique, j'ai heureusement aussi de bonnes nouvelles de la première, et je sais que vous faites bonne garde auprès de la reine.
« Votre bien affectionné de tout mon cœur^ »
Le duc de Nemours annonçait lui-même, quelques jours plus tard, à la reine, que le comte d'Eu venait d'être fait chevalier do Saint-Ferdinand.
« Février 1860.
« De mon côté, j'ai à vous annoncer une bonne nouvelle qui m'arrive à l'instant avec les lettres de l'armée d'hier. Dans l'affaire du 23, Gaston a chargé avec deux escadrons de lanciers qui ont délogé les Maures d'un fourré. On leur a pris un drapeau, et Velarde^ à côté de Gaston a pris un sabre, un très beau sabre qui vient de m'arriver à l'instant. C'est à l'occasion de cette charge, que Gaston a faite en volontaire et pour payer la bienvenue de sa nomination, que le général en chef lui a conféré, au nom de la reine, la croix de Saint-Ferdinand, récompense qui est certainement hors de proportion avec ce qu'il a fait, mais qu'il saura, je l'espère, justifier plus