B II
6 Luchaire, Capétiens, II, 184.
Les chevaliers devaient le service pendant quarante jours avec leur harnois. Le harnois d'un chevalier, nous dit le Très Ancien Goutumier*, « ce sont ses armes, son destrier « e som palefroi e son roncin ».
A côté des chevaliers, il y avait d'autres hommes qui devaient le service à cheval. Aux termes d'une assise de Henri II en date de H 81 , tous ceux qui possédaient au moins une valeur en meubles de cent livres devaient avoir en tout temps un cheval et les armes militaires, u c'est-à-dire un « haubert, un écu, une épée, une lance et les autres choses « nécessaires à l'état militaire^ », On leur donnait le nom de sergents à cheval '.
Les communes. — « Li communs » c'est l'ensemble des habitants d'un village*. D'après l'assise dont il vient d'être parlé, tout homme valide possédant au moins quarante livres en meubles était tenu d'avoir un haubert, une lance et une épée. Tous les autres, manants ou bourgeois, devaient avoir en propre un gambeson, un chapeau de fer, une lance et une épée^ ou un arc et des flèches. Non seulement, le commun des habitants d'une ville ou d'un bourg devait fournir un certain contingent, mais dans les villes, les ghildes devaient, en tant que communauté, contribuer à la défense commune. C'est ainsi que la ghilde des marchands de Fécamp devait envoyer à l'armée un cheval de somme tout harnaché^
Lorsqu'une communauté d'habitants ne fournissait pas
« Ch. LVI.
* Ben. de Peterb. H. F. XVII, 447.
* Roberlus Reinnardus reddil compolutn de denariis captis de illis qui debuerunt mittere servienles ad equm in exercitum et non miserunt. Grand Rôle de 1198, M. A. N. XVI. 44, col. 1.
* Jeudes, communes e archiers, E granl plenlpz de chevaliers Oui mult od sel 11 rei de France
Benoît de Ste-More, V. 15886 et ssq.
* Cart. de Fécamp, (° xv v», V. P. just. XV.
eOfectivenaent le service qu'elle devait, elle était taxée à la somme d'argent équivalante ce service'.
Les communautés d'habitants devaient être, comme les tenants en chef, sommées de se rendre à l'armée. Les bourgeois ne pouvaient être tenus de servir au delà du temps prévu par la coutume, ni au delà des frontières du pays normand'.
Les mercenaires, routiers ou brabançons élà\Qn\, des troupes levées pour la durée d'une campagne. Leur solde était payée par le Duc.
Le Duc commandait lui-même l'armée normande. Guillaume le Conquérant, Henri P', Henri H, Richard Gœur-de- Lion ont toujours exercé en personne le commandement de leurs troupes. Dudon de Saint-Quentin nous raconte que Bernard le Danois était princeps Northmanniae exercitus sous la minorité de Richard P""'; Gruiilaume de Jumièges nous indique que Raoul de Gacé était magister militum sous celle de Guillaume le Bâtard*. D'après Orderic VitaP, Roger de Laci était également magister militum sous Robert Gourteheuse. Pendant le même règne, Robert de Montfort était straior de l'armée normande par droit héréditaire".
Le Duc était entouré d'une raaisnée ou maison militaire qui l'accompagnait en tous lieux et formait sa garde du corps\
> Mathieu le Gros, Maire de Roueo, rend compte de 628 livres 8 deniers « de remissione pro servienlibus quos cives Rothoraagi debuerunt iaveaire Régi in guerra » . Grand Rôle de 1198, M. A. N. XV, 7 col. 2.
2 El homines quidem duarura premissarum villarum, videlicet Censu et Roz... ad servjiium ecclesiae et raonachorum, ita liberos et omnino quietos concède ut nunquam pro aliqua sumraonitione expedilionis vel altenus cijuslibet tel, ipsum servitium inlermittant, nisi ego per me vel per brevem meum subraoneam qualeaus eos nominalim michi millat; et hoc mtra fines Norlmanniae tantura et nominatira tanlummodo pro necessitale belli et. extranea gente immiaentis. Cti. de Guillaume le Conquérant (vers 1077) pour Siinl-Élienne de Caea, G. Ctir. lustr. 66.
■? Un chevaler de Gostenlia De la maisnée du buen duc fu Conuit, qu'il aveil ja veu A sa cort l'ol veu raaint jor.
Benoît de Ste-More, V. 16167 et ssq.
L'avant-garde de l'armée était généralement formée par les chevaliers du Gotentin*.
Les différents Ducs ont veillé avec soin à la défense des frontières. De nombreuses forteresses gardaient les points stratégiques les plus importants de manière à arrêter les armées d'invasion ^ Elles étaient commandées par des connétables choisis par le souverain. Dans un but de défense, également, il était interdit de vendre, et par conséquent d'abattre, les bois « el trépas de la marche, fors par l'as- « senlement le duc e a sa justice' ».
4 Dune fait Coslenlineis mander
E quant il les vit devant se
« un enor, fait-il vos otrei
« ceo est que vos assailliez premiers ». lbid.,Y, 11827 et ssq.
- V. sur la conslruclioD des forteresses des Marches normandes, W. G. 234, 260 281; 0. V, IV, 21; R. de To, I, 196. » T. A. C. XXXIII.