‹ Le duc de Persigny et les doctrines de l'empireChapitre 25 sur 54 · SUR LES CONFÉRENCES DE SAINT-VINCENT DE PACL · texte numérisé non relu

SUR LES CONFÉRENCES DE SAINT-VINCENT DE PACL

Paris, le 5 avril 1862.

Monsieur le préfet, par ma circulaire du 25 janvier dernier, je vous ai invité à consulter les conférences de Saint-Vincent de Paul de votre département, sur la question de savoir si elles voulaient être reliées entre elles par un conseil central formé de la plupart des membres de l'ancien comité de Paris , et avant pour président un liant dignitaire de l'Eglise nommé par l'Empereur, ou si elles préféraient continuer à fonctionner isolément, comme elles y sont autorisées aujourd'lmi.

Après quelque hésitation et des délais assez longs , la plupart des conférences ont enlin répondu. Quatrevingt-huit accepteraient un conseil général présidé par un haut dignitaire de l'Eglise, à la nomination de l'Empereur ; mais sept cent soixante-six ont déclaré qu'elles préféraient fonctionner isolément.

En conséquence, et conformément au vœu de la grande majorité des conférences, j'ai l'honneur de vous prévenir que le Gouvernement considère comme terminée la régularisation des sociétés de Saint-Vincent de Paul, dont l'existence légale reste désormais subordonnée à l'isolement de chaque conférence et à la suppression de tout lien central.

A ce sujet, je crois devoir vous entretenir d'un incident sur lequel j'appelle votre attention. Par une lettre publiée dans les journaux , l'ancien président du conseil général a déclaré que ce conseil, avant de se dissoudre,

lui avait transmis ses pouvoirs ; qu'il avait l'intention de les exercer sur toutes les conférences, et qu'en cas de mort ou d'empêchement, il les déléguait à un comité de trois membres étrangers, un belge, un hollandais et un prussien. En dépit des lois et malgré le vœu des conférences elles-mêmes de fonctionner isolément, on prétendrait donc faire de toutes les conférences une vaste association gouvernée par un chef suprême ou même j)ar des étrangers, sans l'autorisation et en dehors du contrôle de l'État.

Je n'ai pas besoin de vous dire, monsieur le préfet, (ju'une pareille infraction aux lois du pavs, de quelques motifs, charitables ou religieux, qu'elle se couvre, ne saurait être tolérée par le Gouvernement. Je vous invite donc à porter à la connaissance des conférences la prétention-qui s'est ])roduite, et à les prévenir que si elles s'y soumettaient, contrairement au système d'isolement choisi par elles-mêmes, elles se mettraient en opposition flagrante avec les lois qui régissent les associations.

Recevez, etc.

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