‹ Le duc de Persigny et les doctrines de l'empireChapitre 26 sur 54 · REPONSE A M. DE SEGUR-D'AGUESSEAU · texte numérisé non relu

REPONSE A M. DE SEGUR-D'AGUESSEAU

Messieurs les sénateurs, retenu auprès de l'Empereur, j'étais absent hier quand M. le comte de Ségur-d'Aguesseau a cru devoir diriger contre moi des attaques dont la violence ne me permet pas de garder le silence.

Comme ministre, je crois facile de défendre mes actes,

' Dans la séance du 20 février 1862, M. le sénateur de Sé{;ur-d'A{;uesseau, qui venait de subir un échec électoral, avait dirigé contre M. de Persigny, ministre de l'intérieur, des attaques dont l'injustice égalait la violence, et ravai,t comparé au prince de Polignac.

et je serais heureux de pouvoir en exposer la véritahle pensée, si la Constitution n'avait remis à d'autres le soin de le ("aire. Je respecte la Constitution et je me tais.

Comme sénateur, j'ai été outragé dans cette enceinte, où d'habitude chacun donne l'exemple de la modération et du respect à ses collègues.

Je ne répondrai pas h des personnalités par des personnalités. Mais, puisqu'on a cru devoir m'appliquer comme une sorte d'injure le nom d'un ministre malheureux, je me bornerai à répondre que nous vivons sous un gouvernement issu du suffrage universel, trois fois solennellement exprimé, qui ne doit rien à l'étranger, mais tout à la volonté nationale, et qui ne peut être ni perdu ni sauvé par mi ministre. [Approbation .)

Mais s'il ne convient ni à ma situation ni à mon caractère de relever des attaques personnelles, j'ai le droit de repousser énergiquement les calomnies et de proclamer bien haut mes sentiments.

Ce que je désire avec l'Empereur, avec le pays et avec cette patriotique assemblée, c'est un gouvernement fort, pour maintenir l'ordre et la tranquillité qui sont la base de la prospérité publique. C'est aussi un gouvernement sagement progressif et libéral, comme celui qui a rendu le décret du 24 novembre et proposé le sénatusconsulte récemment voté par le sénat.

Yoilà le gouvernement impérial tel que je le comprends, et auquel j'ai dévoué ma vie en serviteur fidèle de l'Empereur, de son fils et de sa dvnastie. {Très-bien ! très-bien ! )

(Extrait du Moniteur du 22 février 1862.)

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