SIR LES PRINCIPES POLITIQUES DE LEMPIRE
Messieurs et chers compatriotes , en revenant au milieu de vous, comble de tant de marques de votre Lienveillance, mon premier sentiment est de vous remet"* cier et de vous exj)iimer ma {jratitude. Mais en anal\sant les causes de cette bienveillance, en y reconnaissant sans peine que ce que vous voulez honorer en moi, c est le dévouement à une grande cause, l'éprouvc une satisfaction bien supérieure aux vulgaires jouissances de l'amour-piopre , car je puis renvoyer h l'Empereur les hommages adressés à l'un de ses serviteurs, et voir un triomphe pour l'Empire dans l'affection même que vous montrez pour l'un de vos concitoyens.
Encouragé par tant de sympathie, j'ai déjà plusieurs fois, sous une forme ou sous une autre, dans une enceinte voisine ou ici même, essayé de vous rendre compte des progrès de l'Empire et des développements de nos institutions. Aujourd'hui, permettez-moi de continuer la mission que vous avez bien voulu me laisser prendre parmi vous, en soumettant à votre appréciation des considérations que je crois n'avoir puisées que dans les sentiments du patriotisme le plus pur et pour lesquelles je prends la liberté de demander votre attention.
Vous savez, Messieurs, dans quelles circonstances le 10 décembre posa les fondements de l'Empire. Quand le peuple français, s'inspirant de glorieux souvenirs, appelait l'héritier d'un héros à présider à ses destinées , il ne
1 Prononcé, le 26 août 1863, au cercle des Arts et du Commerce de Saint-Etienne.
s'agissait pas seulement de mettre un terme à l'anarchie matérielle qui désolait le pays. Il y avait en France un mal plus grave qu'une désorganisation accidentelle. Les malheurs du temps, les suites de nos révolutions, avaient amené les choses à cette extrémité redoutable d'opposer les classes entre elles [C'est vrai! c'est vrai!)^ en divisant le pays en trois partis qui représentaient chacun plus spécialement les intérêts, les passions, les préjugés d'une des trois classes de la société. Chacun de ces partis ayant son gouvernement de prédilection, si l'un d'eux, celui des classes élevées, par exemple, était au pouvoir, comme sous la restauration , il rencontrait l'opposition ardente des classes moyennes et populaires. Si le parti des classes moyennes réussissait à son tour à s'emparer du gouvernement, comme sous Louis-Philippe , c'était contre lui que s'acharnait l'hostilité des deux autres. Enfin, quand les deux premiers étaient détrônés par la République, de nouvelles coalitions de classes, de nouvelles convulsions achevaient la désorganisation du pays : de sorte que non seulement la réunion des deux classes contre une rendait continuellement tout gouvernement impossible, mais qu'à chaque crise politique, c'était la société même qui était en péril. [Bravos.)
Il semblait, en vérité, que la main de Dieu se fût appesantie sur notre malheureux pays! L'Europe, qui assistait avec inquiétude à cet affligeant spectacle , en était arrivée à croire que la révolution française portait décidément en elle-même un principe funeste à tout gouvernement; et nos ennemis, convaincus que nous ne pouvions plus nous reconstituer, se réjouissaient de notre impuissance. [Assentiment général.)
Mais Dieu protège la France ! et il en donne bientôt une preuve éclatante, en faisant sortir d'une manière
imprévue, inouïe, des entrailles du peuple, un noui, un symbole, un homme qui seul pouvait mettre un terme à nos luttes intestines.
Admirez, Messieurs, les voies de la Providence! Supposez que le 10 décembre eut été le triomphe d'un des trois partis, légitimiste, orléaniste ou républicain ! Et la France, rentrant dans le cercle des évolutions précédentes, continuait sa ujarche fatale à travers tous les dangers de la guerre sociale. Mais l'héritier de l'Empereur arrivant au pouvoir, seul, n'ayant pas même autour de lui les anciens serviteurs de sa famille , depuis longtemps fondus dans l'un ou l'autre des trois partis, son avènement n'était le triomphe ni la défaite d'aucun d'eux. Pour constituer son gouvernement, depuis les ministres jusqu'aux plus humbles agents de l'administration , depuis les grands corps de l'Etat jusqu'aux municipalités des plus petites communes , il était conduit, par la plus heureuse des nécessités, à appeler à son aide tous les hommes de bonne volonté , sans distinction d'origine politique, et, par conséquent, à constituer le nouveau parti du Gouvernement non plus avec les représentants d'un parti ou d'une classe, mais avec ceux de tous les partis et de toutes les classes. ( Très-bien ! très-bien ! )
Rendons hommage, ^Messieurs, au patriotisme de la grande majorité des partisans des anciennes opinions. A peine la pensée éminemment sociale de l'Empire pénétrait-elle dans les esprits, qu'une foule d'hommes des trois partis n'hésitaient plus à faire au bien public le sacrifice de leurs préférences. Sur le terrain neutre où les conviait le nouvel Auguste , ils ne craignaient plus de se donner la main, car chacun trouvait dans l'Empire, sinon toutes les satisfactions, du moins la principale
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satisluction de ses opinions. Pour les hommes du jiaiti des classes élevées, plus portés vers leeulle des traditions royales, l'Empire, à défaut de l'ancienne léjjjitimité , otlrait au moins le caractère de l'unité monarchique; à ceux du parti des classes moyennes, il assurait une lil)ert('' modérée avec l'ordre iiidispensahle ii la prosj)érité du commerce et de l'industrie; et ceux du parli des classes populaires y voyaient le triomphe éclatant de la dc'mocratie. Le nouveau parti du Gouvernement, quoi- (pu' formé d'éléments en apparence hétéro{jènes, avait donc l'immense avantage de représenter les trois opinions, les trois partis, les trois classes. En se constitnant ainsi, il étal)lissait l'unité sociale du pays, de la même manière que la réunion des trois couleurs, le blanc, le bleuet le rouge, forme le glorieux emblème de la France. {Applaudissements.)
Messieurs , vous savez tous quelles ont été , au point de vue politique, les heureuses conséquences de cette noble fusion des opinions dans le sein du Gouvernement impérial, et ce que l'Empereur y a trouvé de forces j)our réaliser au dedans et au dehors les grandes choses de ce règne. jNIais, de même que le temps est indispensable pour fonderies gouvernements et les dynasties, ce n'est ]>as en un jour non plus qu'un grand parti peut nhissir à absorber tous les éléments qu'il a mission de rallier. Ouelle que soit l'évidence de l'intérêt public, beaucoup d'hommes de bonne foi, sous l'empire des regrets, de convictions ou d'intérêts contraires, ne l'aperçoivent pas. Les anciens chefs de parti surtout, encore émus au souvenir des luttes, des victoires ou des défaites de leur jeunesse, ne peuvent se résigner à renoncer au passé. L'histoire de tous les temps et de tous les pays nous apprend, d'ailleurs, qu'il faut au moins une génchatiou
j)()ur effacer les traces des discordes civiles et fonder un établissement durable.
En attendant que cette œuvre soit achevée par le temps, enregistrons, à l'éternel honneur de l'Empire, ce lait providentiel d'avoir tiré la France des voies fatales ou elle était engagée, et détruit le principe funeste de l'antagonisme des classes. [Très-bien! très-bien!)
A côté de ce grand service rendu au pays dans l'ordre social, permettez-moi de vous en rappeler un autre non moins signalé de l'ordre politique, et qui est le corollaire du premier. De toutes les doctrines enfantées par nos longues révolutions , la plus funeste a été celle qui consistait à copier, dans un pays démocratique comme la France, les institutions aristocratiques d'un pays voisin,, et qui avait pour objet principal de faire passer le pouvoir exécutif des mains du souverain dans celles des orateurs des chambres. {Très-bien !) Qu'en Angleterre il en soit ainsi , rieu de plus simple et de plus conforme à l'organisation sociale de ce pays. Le pouvoir entre les mains d'un lord Palmerston ou d'un lord Derby, ce n'est pas le pouvoir entre les mains d'un orateur, d'un homme de talent seulement, mais d'une vaste et puissante aristocratie qui embrasse toutes les forces vives, tous les intérêts de la nation , qui exerce depuis des siècles dans les provinces la véritable puissance politique, administrative et judiciaire , qui dirige et domine les élections, qui peut , par conséquent , supporter et manier le pouvoir, de quelque poids qu'il pèse, et dont le chef n'est que la personnification dans le parlement. Mais quand, pour imiter en France le mécanisme de la liberté anglaise, le j)Ouvoir passait aux mains d'un des orateurs de la chambre, d'un homme de talent sans doute, mais qui ne représentait dans le pays qu'une fraction, d'électeurs
privilégiés, plus faits pour être proté{}és par l'Etat (jue propres à le soutenir, le pouvoir était ])artout et n'était nulle part. De là la destinée de ces gouvernements (pii n'ont vécu que pour donner au monde le spectacle de l'agitation impuissante, et qui ont fini par tomber, d'émeute en émeute, jusqu'à l'abîme. {Bfavo.s.)
C'est pour préserver le pays dépareilles conséquences que le plébiscite de 1851 a établi, d'une manière absolue, que les ministres dépendent seulement du chef du pouvoir exécutif, c'est-à-dire de l'Empereur. C'est là le principe fondamental de nos institutions, principe sage et fécond qui leur rend le caractère national dont on les avait dépouillées, et met un terme à cette manie «ussi dangereuse que ridicule de copier en France l'aristocratie anglaise . {Applaudissements . )
Singulière aberration d'une école politique! Oubliant que la nomination indirecte des ministres anglais par le parlement n'est qu'une conséquence de l'état social et politique de l'Angleterre, elle voulait en faire une condition de la liberté en France. Dans un pays où, par suite d'un état séculaire de décentralisation universelle, la couronne ne se mêle de rien et l'aristocratie se mêle de tout, il est bien naturel cjue celle-ci choisisse ses fondés de pouvoir, ici, au contraire, dans un j)ays démocratique où c'est le souverain, le délégué du peuple, (jui a pour mission de faire ce que l'aristocratie fait en Angleterre, comment pourrait-on concevoir que ses agents fussent en d'autres mains que les siennes? Que, sous un autre régime, tout orateur dont la voix sympathique ou passionnée excitait les applaudissements de son auditoire, se persuadât qu'il lui appartenait <le gouverner la France; qu'il se crût propre non-seulement à charmer, caj)tiver, dominer une assemblée, mais encore à diriger toute une vaste hiérar-
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clîie politique et même à manier nos forces de terre et de mer, il n'y avait là rien qui dépassât les bornes de la vanité humaine. {Assentiment général.) Mais en quoi des prétentions de ce penre intéresseraient-elles la liberté? Comment! si le plus éloquent orateur de la chambre n'est pas en même temps ministre, il n'y aurait pas de liberté en France! [Marques d'aj)prohaiion.) En vérité, on est confondu quand on se rappelle le sérieux avec lequel on affirmait dépareilles doctrines. Mais la liberté, qui est de tous les temjis , de tous les pays , est susceptible de toutes les formes ; et ces formes varient avec l'état social, les mœurs, l'histoire et mille circonstances de climat, de race, de lieu. Dans l'antiquité, la liberté d'Athènes ne ressemblait pas plus à celle de Sparte que la liberté de Rome à celle de Garthage, ou qu'au moyen âge, la liberté de Venise ne ressemblait à celle de Florence. Pourquoi donc aujourd'hui la liberté en France serait-elle calquée sur le modèle de l'Angleterre? {C'est rrai!)
A la place d'une grande aristocratie couvrant le sol de vastes domaines immobilisés par le régime des substitutions et disposant d'énormes moyens d'influence, nous avons une hiérarchie administrative qui constitue à elle seule tout l'organisme politique de notre démocratie, et en dehors de lac|uelle il n'y a plus que des grains de sable sans cohésion, sans adhérence. Et c'est cette hiérarchie mêriie, cet instrument d'autorité, d'oidre et de paix publique , cet organe essentiel à la vie de tous les instants du pays, que certains esprits voudraient voir livrée de nouveau à la merci des agitations de la tribune pour être ballottée chaquejour entre l'orateur triomphant de la veille et l'orateur victorieux du lendemain ! Au lieu de fonctionner en sécurité dans la main du rej)résentant
suprême de la puissance publique, de l'élu de la démocratie française, de l'homme-peuple qui, entre tous, est incontestablement le plus intéressé au bien jiublic , le pouvoir exécutif, devenantle prix del'éloquence, passerait aux orateurs; et c'est au nom de la libellé que l'on ferait de nouveau, dans les mêmes mains, cette confusion de pouvoirs qui a été si fatale au pays et si fimeste à la lil)erté ! [Trùs-hien! trcs-hien!)
Non, bien loin qu'un jiareil réjjime soit favorable à la liberté, il est condamné non seulement par notre exemple, mais encore par l'expérience des siècles. Dans tous les temps, dans tous les pays, comme l'a dit Montesquieu et comme l'avaient pressenti ou deviné avant lui Machiavel et Locke , sous quelque forme de gouvernement que ce soit, monarchie ou république, aristocratie ou démocratie, la liberté ne consiste que dans la séparation et l'indépendance réciproque des trois grands pouvoirs qui se rencontrent dans toute société, le pouA'oir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, et qui ne peuvent jamais se concentrer dans les mêmes mains, sans péril pour la liberté. [Assentiment.)
Or, vous le savez. Messieurs, c'est là le principe même qui a servi de base aux constitutions de l'Empire. L'indépendance du pouvoir judiciaire est assurée depuis longtemps en France j)ar l'inamovibilité des magistrats. A son tour, l'indépendance du pouvoir législatif n'est pas moins établie dans l'une et l'autre chambre. Elle est acquise au sénat par la nomination à vie de ses membres. Le corps législatif en trouve les garanties dans plusieurs dispositions essentielles : c'est d'abord son élection par le suffrage universel, ensuite l'incomj»atibilité qui ferme ses portes aux a.<;ents du pouvoir exécutif, enfin son omnipotence en matière de finances.
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Il V a j)liis : j)ar un ^rund acte de désintéressement, l'Empereur a même renoncé, en faveur du corps législatif, à la faculté des souverains ses prédécesseurs de dérrc'ter, en l'absence des chambres, des crédits supplémentaires on extraordinaires.
Quant h l'indépendance du pouvoir exécutif, après avoir été longtemps une fiction ])onr le plus grand malheur du pays, elle n'est devenue une réalité que le jour où la constitution issue du plébiscite de 1851 a placé tons les ministres sous la dépendance exclusive du souverain et interdit leur présence aux délibérations des chambres . {Appla iidissements . )
Cette grande réforme. Messieurs, ne s'est pas accomplie sans froissements. Les orateurs des chambres n'ont pas vu sans regret un régime qui prive leur éloquence du stimulant que lui donnait jadis l'espoir de renverser et (le remplacer les ministres. D'un autre côté, ce régime, en diminuant, au profit de la couronne, ce qu'il y avait d'exagéré dans la situation politique des ministres; en augmentant, au contraire, au moins théoriquement si ce n'est pas encore complètement dans la pratique des choses, l'importance, l'indépendance et l'éclat du conseil d'Etat; en appelant ce corps à étudier, à préparer, à rédiger les projets de loi et à les soutenir devant les chambres; en le destinant, enfin, à réunir ou développer dans son sein les talents les plus propres aux discussions publiques, pour o])poser ses orateurs aux orateurs des deux autres corps, ce régime a dû, à l'origine, heurter bien des idées reçues, bien des susceptibilités. Mais, sans se préoccuper des obstacles opposés par l'intérêt de quelques-uns à l'intérêt de tous, on peut dire hautement que la réforme qui a rétabli l'indépendance du pouvoir exécutif, qui a détruit le régime emprunté
il l'Angleterre, (jui , d'ailleurs, se prête aisément au développement de toutes les libertés, liberté municipale, liberté départementale, liberté politique, est le plus grand service que l'Empire ait pu rendre à la France. {Oui! oui! Très-bien!)
Ainsi, Messieurs, en restaurant dans nos institutions le principe fondamental de l'autorité et de la liberté, l'Empereur a rétabli l'ordre dans l'Etat, comme, en créant le parti du Gouvernement en dehors de tout antagonisme de classes, il a rétabli l'ordre dans la société. Pour assurer les destinées de l'Empire, il ne faut rien de plus. Soutenue par le parti du Gouvernement, notre Constitution est à l'abri de toute atteinte. Appuyé à son tour sur le principe de nos institutions, le parti du Gouvernement est mvincible. {Très-bien! très-bien!) Telle est déjà la situation de ce paiti dans le pays, que les efforts faits récemment pour l'ébranler, sous le prétexte de la perfectibilité de nos institutions, n'ont fait que le fortifier davantage , en lui donnant, avec la conscience de sa force, plus d'homogénéité et plus de cohésion. C'est qu'en effet, fort de la sympathie des masses, et embrassant dans son sein toutes les nuances de l'opinion, depuis l'extrême droite jusqu'à l'extrême gauche, il est le seul parti , dans l'histoire de notre révolution , qui puisse, avec autorité, faiie appel aux restes des anciens partis. Et nous aussi, peut-il leur dire, Jious avons été comme vous, ou légitimistes, ou orléanistes, ou républicains! En vertu de notre tri])le origine, nous ne devons, nous ne voulons, nous ne pouvons repousser personne. Nos rangs sont ouverts à tous les hommes de bonne volonté. De même que nous avons fait au bien public le sacrifice d'une partie de nos préférences, nous avons le droit de demander à ceux qui veident servir le pays
d'en faire autant. Nous honorons et respectons, dans la lutte ou dans la retraite, toutes les convictions sincères; mais nous ne pouvons admettre que ceux qui prétendent marcher avec nous se servent contre l'Etatde l'influence que leur donne l'Etat. A côté de dévouements vrais, nous voulons des dévouements vrais. Nous avons une haute et noble mission à remplir, car le pavs attend de nous le plus grand service que la génération présente puisse lui rendre, celui d'achever, de fonder son Gouvernement. Nous avons foi dans cette mission. Oui, tous tant que nous sommes, depuis les dignitaires de l'Etat jus(|u'aux habitants des plus humbles villages, nous serons honorés dans notre postérité pour l'œuvre que nous aurons accomplie. Ln jour viendra où, sous le règne d'un prince qui s'appellera Napoléon IV ou Napoléon Y, nos petits-fils diront avec orgueil de chacun de nous : Il était de ce parti fidèle et dévoué au pays, qui, en fondant l'Empire, a mis fin à nos révolutions et assuré la grandeur, la prospérité et la liberté de la France! [Applaudissements prolongés .)
DISCOURS