‹ Le duc de Persigny et les doctrines de l'empireChapitre 44 sur 54 · A NOTRE CHÈRE, A NOTRE NOBLE PROVINCE DU FOREZ · texte numérisé non relu

A NOTRE CHÈRE, A NOTRE NOBLE PROVINCE DU FOREZ

[Applaudissements prolongés.^

TOAST

A LA SOCIÉTÉ d'encouragement DE LA LOIRE '.

Monsieur le président et Messieurs les membres de la société d'encouragement de la Loire , je vous remercie de la flatteuse réception que vous m'avez faite. Je vous félicite surtout de l'heureuse idée que vous avez eue de fonder cette société, dont l'objet peut être si favorable aux progrès de l'agriculture , en même temps qu'à l'élégance des mœurs du pays. C'est pour les classes élevées un noble exercice de leurs loisirs , que de les faire servir à la prospérité publique. {Applaudissements .) Les classes élevées en France ont perdu un jour le pouvoir, parce qu'elles avaient perdu la confiance du peuple. Si elles veulent reconquérir cette confiance, ce n est pas en continuant les luttes de partis, c'est en se dévouant généreusement à faire le bien du peuple dans tout ce qui dépend d'elles, et cela sans anière-pensée, sans calculs personnels ou politiques {Bravos et applaudissements.), sans se demander si cela peut être utile à tel ou tel parti, mais en ne s'inspirant que de l'amour du peuple (TVye approbation.), car ce n'est que le jour ou cette confiance sera complète de part et d'autre, que la France pourra

' Prononcé à Feurs, le 30 août 1862, .m baiiquer offert par la socirié d'encourajjeinent de la Loire.

jouir Iructueusement de toutes ses libertés. [Adhésion générale.)

(Juant aux idées que M. le président a si heureusement exposées sur les systèmes en présence pour ramélioration des races chevalines, je ne puis que féliciter la société d'être entrée dans les voies qu'elle poursuit avec tant de zèle et de sagesse. Il s'a^jit de perfectionner les races (jni ont besoin d'être perfectionnées et non pas celles qui répondent parfaitement au but qu'on se propose en les élevant. Nous avons en France des races excellentes, comme la race percheronne, par exemple, (juil faut conserver avec soin, de même qu'en Angleterre, où nous avons été précédés dans le système de l'amélioration des races , il v a certaines races qui sont gardées pnres de tout sang" étranger.

Ouant au pur sang qui a été tiré du sein de l'Arabie, où cette race célèbre a été probablement formée par l'élite de ces innombrables cavaleries qui, pendant des milliers d'années, ont parcouru et ravagé l'Asie en tout sens , (|uant à cette race extraordinaire qui a toutes les qualités désirables, la beauté des formes, le courage, la douceur, la rapidité, la force, et surtout une ardeur de travail que rien n'abat, nous ne saurions trop vivifier nos races communes de ce sang généreux. Remarquez qu'il ne s'agit pas de couvrir le pavs de chevaux de pur sang. Les chevaux de pur sang ne doivent être que le tvpe régénérateur, le réservoir commun de toutes les grandes qualités dont j'ai parlé ; mais ceux de trois quarts, de demi, de quart de sang, doivent avoir une grande place dans notre organisation chevaline. {Mouvement marque d'approbation dans tonte la salle.)

Messieurs, je suis enchanté d'avoir vu de mes yeux les progrès que vous avez déjà accomplis en si peu de

temps. Je vous en lais mon compliment sincère, et c'est avec la plus vive sympathie que je vous propose de boire à la prospérité de la société d'encouragement de la Loire. [Applaudisseuienls .)

Page 1