TOAST A LA VILLE DE ROANNE
Messieurs, je remercie M. le maire" des jjaroles <[u'il vient de m'adresser, et je suis vivement touché de la manière dont vous m'avez accueilli. Je demande, toutefois, la permission de ne pas répondre à des compliments. Permettez-moi aussi d'oublier un moment l'objet agricole de cette fête pour me rappeler seulement que je suis ici l'hôte de la ville de Roanne, que je me retrouve dans mon pavs natal et au milieu des anciens compagnons de mon enfance. ( Trèsbien. )
Messieurs , en passant hier sous les arcs de triomphe pour entrer dans cette ville qui m'est si chère , je n'avais pas besoin , soyez-en sûrs , comme les anciens Romains, (ju'un esclave placé derrière moi me rappelât à la modestie. {Bravos.) Ne croyez pas, e>i effet, que j'aie pris pour moi-même des honneurs que |e n'aurais pas acceptés a ce titre , et qui ne pouvaient raisonnablement s'adresser qu'au grand Prince dont je suis l'humble et fidèle serviteur. [Applaudisseiyieyits prolongés.)
Quant aux témoignages de sympathie qui se sont adressés au compatriote , si on peut les mériter par l'amour porté à son pays, je ne crains pas de dire que
' Pioiioiicé, le 8 mai 1864, au Ijanquet offert par la ville de Roanne. 2 M. Boullier.
j'en suis digne. De tout temps, dès mu plus tendre enfance , le nom de Roanne a été doux à mes oreilles et cher à uîon cœur. ( Vive approbation.)
Je n'ai pas besoin de rappeler l'acte héroïque que l'Empereur vient de reconnaître et récompenser en décorant le blason de la ville de Roanne d'une croix d'honneur. Le souvenir de ces volontaires Roannais qui arrêtèrent la marche de l'armée autrichienne, en barricadant le faubourg du Coteau et faisant sauter le pont de la Loire, a toujours été présent à mon esprit.
Je me rappelle que tout enfant, au collège, quand on me demandait le nom de mon ])avs natal , je me redressais fièrement et je disais avec orgueil : J appartiens à cette ville de Roanne qui résista la dernière à l'invasion étrangère. (Applaudissements .) Et peut-être ce souvenir a-t-il été le point de départ de ma destinée.
Permettez-moi donc , aujourd'hui , de proposer un toast qui sort tout entier de mon cœur :