‹ Le duc de Persigny et les doctrines de l'empireChapitre 5 sur 54 · TOAST A L'ARMÉE · texte numérisé non relu

TOAST A L'ARMÉE

Messieurs , j'ai l'honneur de proposer un toast qui sera accueilli du corps municipal de Paris comme l'expression de la reconnaissance publique : A Uarmée ! qui , au milieu du désordre des esprits, de l'anarchie des idées, et quand tout semblait corrompu ou démoralisé autour d'elle, a conservé dans ses rangs le sentiment

< Ce tonst a été porté dans le ljan([uot offert, le 14 mai 1852, par le conseil luuiiiripal de Paris aux ofHriers déle{|né? pour recevoir de-; mains du Prince Président les ailles destinées à leurs régiments.

42 LE DUC DE l'Er.SlGr^V.

du devoir, le dévouement au pavs , et, avec le dédain des richesses, toutes les vertus qui font les (jrands peuples. [Bravo! bravo!)

Messieurs, vos pères de Marengo, d'Austerlitz , de Wagram et de la Moskowa ont fait de grandes choses. Ils ont fécondé avec leur san{; de par le monde les germes d'une idée civilisatrice, et, en illustrant la révolution française , ils l'ont tellement purifiée , agrandie et enracinée dans l'esprit des peuples qu'elle est désormais invincible. (^Sensation j)rolongée.)

Eh bien, vous avez fait plus encore; car, dans un temps de corruption et de vertige , vous avez conseivé la vertu de vos pères, et, en suivant le neveu de l'Empereur dans sa courageuse entreprise, vous avez sauvé l'honneur même de la France. (Af/plaudisscmeiits. — Vive l'armée ! )

Soyez donc fiers, messieurs, de reprendre vos aigles : le monde entier sait que vous êtes aussi dignes que vos pères d'en décorer vos étendards.

A l année française !

DISCOURS

A LA SUITE DE l'eXPÛSITION DES EEAUX-ARTS DE 1852 '.

Messieurs , nous célébrons presque au même moment, et à cent lieues de distance, deux fêtes nationales : une fête de l'industrie à Strasbourg et une fête de l'art à Paris.

Dans son désir d'encourager tout ce qui contribue à la jjloire et à la grandeur de notre pavs, le Prince

< 20 juillet.

FOLIÏIQIJE. 43

Président aurait voulu assister à ces deux solennités ; mais les sympathies d'une pc'néreuse province le tenant éloigné au delà du terme (pi'il s'était j)roposé, c'est avec regret qu'il a dû renoncer à venir applaudir lui-même à vos succès.

L'honorable mission dont il m'a chargé aupr&s de vous sera bien facile à remplir, .l'ai à peine besoin de vous dire, en effet, quel est le sentiment du gouvernement de Louis-Napoléon pour les arts.

Vous ne devez pas craindre, messieurs, que ses i)réorcupations poiu" le dévelop])ement de la richesse publique le détournent jamais de ce qu'il doit aux artistes. {Bj-avos.) Si un gouvernement qui a son origine, son piincipe même dans le sentiment poéticpie des masses , dédaignait le culte des arts pour le culte de la matière, il manquerait lui-même aux conditions de son existence et méconnaîtrait le génie de son pays. [J'rès-hien I trèfi-bien !)

Ce n'est pas en France , en effet , que les arts doivent s'effrayer des tendances industrielles et commerciales de la civilisation moderne. Quel que soit le mode d'activité de notre société , rien ne peut affoiblir en nous le côté chevaleresque et artistique du caractère national.

Vous le savez tous, messieurs, dans l'atelier, dans la boutique, dans le comptoir, comme dans les salons et les chaumières, en France, c'est toujours la vie morale qui l'emporte sur la vie matérielle. Et, tandis que chez certains peuples l'activité industrielle dessèche le cœur et éteint l'imagination, chez nous, quoi qu'on fasse, quelque direction qu'on donne aux esprits, on ne fera jamais de nous exclusivement une nation positive, froide, calculatrice. {Applaudissenwnts .)

Or, cliez lin jx'uple aussi éniiiieniment altiste et chevaleresque, que fiuit-il donc pour que les arts prospèrent? Une seule chose : un {gouvernement qui ait ses racines dans les profondeurs de la nation , sa force et son avenir dans la foi poj)ulaire , et qui , pouvant dédaifTiier les intrigues des partis, ins|)ire le respect à l'étranger, la crainte aux factions et la confiance au ])euple. [Nouveaux applaudissements . )

Eh hien , ce gouvernement, je vous jure que vous l'avez : je vous jure que ceux qui ne le voient pas sont des aveugles ; je vous jure enfin qu'avec le développement de la richesse puhlique, l'art ne sera point onhlié, et que ce gouvernement vous prépare une grande ère de prospérité ! {Bravos et acclaiitatio)is.^

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