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saieiit les soldats, puisque nous ii’avons plus d’eiupereiu" ?
Le gouvernement provisoire faisait tous ses efforts pour traiter avec les alliés. Il envoya au quartier-général des souverains à Haguenau, sous le titre de plénipotentiaires, MM. de Lafayette,Sébastiani, Laforél, d’Argenson et Pontécoulant. Leurs instructions leur enjoignaient de s’adresser à tous les intérêts divers des puissances comme aux différons caractères des monarques, pour faire reconnaître ce qu’üs appelaient l’ordre de choses qui venait de s’établir en France.
« L’Autriche, disaient ces instructions, l’Autriche M pourrait bien ne pas voir avec plaisir le rétablissea ment sur le trône de France d’une branche de la a dynastie des Bourbons, tandis qu’une autre bran- « che de la même maison remonte sur le trône de « Naples. A cette circonstance, qui tient à la politi- « que du cabinet autrichien, il se peut que l’affection « de famille vienne donner quelque appui ; il se peut « que la tendresse de Sa Majesté l’empereur d’Au- « triche pour son petit-fils le porte à ne pas l’enle- « ver aux grandes destinées qui lui sont offertes; il a se peut que le cabinet autrichien aperçoive dans « ce lien de parenté un moyen de fortifier la cause a de la nation française, et qu’effrayé de l’agrandis- « sement de la Russie et de la Prusse, dont l’alliance « lui pèse sans doute , il saisisse l’occasion d’un rapu prochement utile avec la France, pour avoir en « elle, au besoin, un puissant auxiliaire contre ces « deux gouvernemens
« Messieurs les plénipotentiaires trou-
« vcront, auprès des souverains alliés, les plénipo- « tentiaires britanniques. Ce sera peut-être avec ceuxr « ci que la négociation offrira le moins de difficultés- « La question à l’égard des alliés n’est presque pas « une matière de discussion. Avec cette puissance, « tous les raisonnemens, tous les principes sont pour <c nous. Tout consiste à savoir si la volonté ne sera « pas indépendante de tous les principes et de tous « les raisonnemens. »
Les instructions secrètes enjoignaient aux plénipotentiaires d’insister particulièrement sur la reconnaissance de Napoléon II ; et, dans le cas où ils ne pourraient obtenir ce point essentiel de leurs négociations, de tout proposer, de tout accepter pour écarter Louis XVIII.
Le gouvernement et ses agens s’étaient aveuglés par leurs passions sur les véritables sentimens des souverains alliés: ils comptaient mal à propos que déjà des intérêts différens pourraient diviser ceux que la nécessité avait unis pour le triomphe d’un principe essentiel et fondamental de la société : la doctrine de l’hérédité légitime des trônes était la croyance de la coalition. Ils avaient surtout méconnu le caractère de l’empereur d’Autriche , si esclave de ses devoirs de souverain, et, sous ce rapport, si indépendant de ses affections les plus chères.
Arrivés avec peine à Haguenau, les envoyés ne furent pas admis en la présence des souverains : on ne pouvait en effet reconnaître un caractère officiel aux plénipotentiaires d’un gouvernement qui, pour avoir renversé Napoléon malheureux, ne ti-
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fait pas moins toute son existence de l’entreprise militaire que l’Europe était venue combattre et réprimer. *
Ces plénipotentiaire furent entendus par les généraux Walmoden, Knesebeck, le comte Capo d’Istria et lord Stuart. Ils demandèrent qu’on reconnût Napoléon II , et qu’à son défaut, on accordât à la France ou le duc d’Orléans, ou un souverain étranger. A la suite de cette conférence , ils reçurent la notification que les monarques alliés ne pouvaient entrer dans aqcune négociation actuelle, et, en même temps, on leur signifia l’ordre de quitter Haguenau; ils partirent sous l’escorte d’un officier, et, le 5 juillet, ils purent annoncer à ceux qui les avaient envoyés l’inutilité de leurs démarches et les intentions que manifestaient les souverains.
Pressée par la marche rapide des armées et des événeinens, la commission du gouvernement avait envoyé une députation au quartier -général de lord Wellington, à six lieues de Paris, pour solliciter un armistice. Les députés insistèrent sur la transmission du trône de Napoléon à son fils. Wellington leur répondit que, dans son opinion personnelle, à la vérité , mais qui cependant pourrait être prise en considération , l’avènement de Napoléon II n’offrirait à l’Europe aucune garantie de sécurité, à la France aucune condition de calme et de bonheur. Si la position du souverain qui régnerait sur la France de- > ait alarmer l’Europe pour son avenir, lès puissances seraient amenées, par celte circonstance même, à chercher des garanties dans des cessions de lerriloire. Louis XVllI, à son avis, pouvait seul réunir
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les qualités qui empêcheraient l’Europe de recourir à de semblables précautions, d’exiger de tels sacrifices.
Quelques uns des commissaires, particulièrement M. de Valence, ayant affirmé que la France préférerait à son roi légitime un autre prince français dont il indiqua le nom, on assure qne le général anglais lui répondit:
« Ce prince sur le trône ne serait qu’un usurpateur bien né. »
Lord Wellington mit fin à ces négociations en faisant part aux envoyés des dépêches du prince de Metternich et du comte de Nesselrode. Ces ministres lui annonçaient que leurs souverains l’invitaient à presser ses opérations militaires; ils le prévenaient aussi que tout armistice qui serait conclu par lui ou le maréchal Blücher ne pourrait arrêter leur marche.
Dans ses lettres à Wellington, où il le complimentait d’avoir agrandi son nom par ses nouvelles victoires sur la France, Fouché, comme chef de la commission du gouvernement, insistait pour la reconnaissance de l’état de possession de Napoléon II.
« Notre état légal, disait-il, qui a la double sanca tiou du peuple et des deux Chambres, est celui U d’uii gouvernement où le petit-fils de l’empereur a d’Autriche est le chef de l’État. Nous ne pouvons « songer à changer cet état de choses que dans le « cas où la nation aurait acquis la certitude que les (‘ puissances révoqueraient leurs promesses, et que « leur vœu commun s’opposerait à la conservation de « notre gouvernement actuel.
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a II n’échappera pas à Votre Altesse que déjà une <f grande puissance trouve, dans notre état de pos- «< session , un droit personnel d’intervenir pour ses « propres intérêts dans nos affaires intérieures. Aussi « long-temps que cet état de possession ne sera pas « changé, il en résulte une obligation de plus, pour « les deux Chambres , de ne pouvoir consentir au- « jourd’hui à aucune condition capable d’altérer « notre possession. »
Ces insinuations tendaient à établir' que l’empereur d’Autriche favorisait, du moins de ses vœux, le maintien de son petit-fils sur le trône de France; mais que pouvaient de tels artifices contre la volonté de l’empereur lui-méme, si positivement exprimée dans les dépêches que son ministre avait adressées à lord Wellington?
Les restes de l’armée de Waterloo s’étaient ralliés à Laon, sous le commandement de Grouchy et de Soult; ils étaient arrivés en bon ordre sous les murs de Paris. Ces troupes, au nombre de soixante raille hommes, augmentées de dix-sept mille fédérés recrutés dans la classe ouvrière, étaient réparties dans les lignes de Saint-Denis, de Montmartre, de Saint- Chaumont, que défendaient trois cents bouches à feu. Le maréchal Davoust avait le commandement supérieur de cette armée. Les alliés, instruits par l’expérience sanglante <le i8i4, évitèrent les dangereuses chances d’une attaque par les hauteurs; ils passèrent sur la rive gauche de la Seine , où ils s’établirent après une vive résistance, en maintenant la communication entre leurs armées. De ce côté, Paris n’avait d’autre défense que la bravoure des troupes;
elles ne démentirent pas leur réputation , et les plaines de Versailles furent témoins de deux actions honorables pour la valeur française.
Toutefois ces luttes inégales ne pouvaient arrêter le mouvement politique qui tendait à son dénoûment.
Après un conseil de guerre tenu par les généraux français dans la nuit du a au 3 juillet, l’inutilité de prolonger la défense de Paris fut reconnue, et on conclut un armistice. Aux termes de la convention signée à Saint-Qoud le jour suivant, l’armée française devait évacuer Paris dans trois jours , se retirer au-delà de la Loire, emmenant tous ses convois, tout son matériel, toute son artillerie. La garde nationale continuerait à faire le service de Paris ; les propriétés publiques seraient respectées, ainsi que la sûreté et les droits des habitans.
Dans une entrevue qui eut lieu entre Wellington et Fouché pour l’exécution de cette convention, le général anglais communiqua au ministre l’intention formelle de son gouvernement et des puissances alliées de ne reconnaître d’autre roi de France que Louis XYIII, qui devait faire son entrée le lendemain, 8 juillet, dans sa capitale.
Par suite des dispositions de la convention, des bataillons prussiens occupèrent les avenues des Tuileries , et la commission du gouvernement se sépara , après avoir adressé aux deux Chambres le message suivant :
« Jusqu’à présent, nous avions cru que l’intention « des souverains alliés n’était pas unanime sur le « choix du prince qui devait régner sur la France.
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« A leur retour, nos plénipotentiaires nous doiiuè- « rent la même assurance. Toutefois les ministres et « les généraux des puissances alliées ont déclaré, a dans les conférences qu’ils ont eues avec le prési- « dent de la commission, que tous les souverains K s’étaient engagés à replacer Louis XVIII sur le .« trône , et que , demain matin , il doit faire son en- « trée dans la capitale. Des troupes étrangères vien- « nent d’occuper les Tuileries 011 siège le gouverne- « ment. Dans cet état de choses, nous ne pouvons t< que faire des vœux pour la patrie, et, nos délibé- « rations n’étant plus libres, nous croyons de notre « devoir de nous séparer. »
Après avoir entendu la lecture de ce message, les pairs se levèrent en silence et se retirèrent sans délibérer. Il n’en fut pas de même des représentans; ils refusèrent de regarder leur mission comme terminée, et protestèrent que la violence seule pourrait les empêcher de siéger et de remplir leurs devoirs. Mais le lendemain , quand ils se rendirent au palais de leurs séances, ils en trouvèrent les portes fermées par ordre du général Dessolle, et un détachement de la garde nationale les contraignit de s’éloigner.
Le roi Louis XVIII rentra le 8 juillet dans la capitale. Quelles que soient aujourd’hui les assertions lies ennemis de l’illustre famille de nos rois , chacun se souvient, l’Europe a été témoin de quels transports] fut entouré le retour de ce monarque. Fatiguée de cent jours de malheurs et de discordes, la France entière tressaillit de joie; elle pressentit les quinze années de prospérité progressive dont elle
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devait jouir sous un sceptre paternel, que l’esprit de faction ne renonçait pas toutefois à briser. Heureuse si elle eût su prévoir alors l’abîme de maux que des passions aveugles allaient lui préparer encore!