‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscritsChapitre 89 sur 164 · PAPIERS QUI RETOURNAIENT AU ROI · texte numérisé non relu

PAPIERS QUI RETOURNAIENT AU ROI

fort aisément, comme nous le verrons tout à l'heure.

Aux termes stricts, en effet, des usages de la politique du Cabinet, lorsqu'un personnage avait rempli des fonctions diplomatiques plus ou moins importantes pour le Ministère, ou qu'il était entré dans la confiance du Roi au point d'avoir reçu de Sa Majesté quelque mission particulière , ou d'avoir été admis à échanger avec Elle des mémoires, des notes, des lettres, ou tous autres témoignages écrits, que se passait-il à son décès? Il était ordinaire qu'à la levée des scellés qui avaient été apposés, un commis, spécialement désigné, se présentât au lieu de la résidence du défunt avec V Ordre du Roi, contre-signe d'un secrétaire d'État qui avait la griffe, et qu'il mît en sûreté les pièces concernant soit les affaires du Cabinet, soit celles particulières à Sa Majesté. Or, à proprement parler, le Ministère ici n'aurait eu d'autres droits à faire valoir que sur les Portefeuilles renfermant le double de la Correspondance diplomatique d'Espagne de M. le duc de Saint-Simon, ambassadeur extraordinaire à cette Cour depuis septembre 1721 jus-

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Et ::our::uo{, d'ailleurs, si telle eût été la vraie raison . le zonvemement du Roi aurait-il attendu que six années se fussent écoulées , depuis la mort du duc de Saint- Simon, pour mander en l'hôtel où il était décédé le porteur de l'Ordre de Sa Majesté ? Dans ces circonstances, était-il d'unage de faire tant de façons et de montrer

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tant de réserve ? Sous ce même règne^ lorsque moururent M. le maréchal comte de Saxe^ la comtesse d'Anhalt-Zerbst^ qui tous deux avaient correspondu avec le Roi et les Ministres; M. d'Allion^ qui avait servi les Affaires Étrangères en Russie; M. le maréchal de Belle-Isle^ M. le maréchal de Lautrec^ et enfin le comte de Chavigny^ qui avaient été ambassadeurs en divers pays^ attendit-on six ans pour la présentation et l'exécution d'un Ordre du iîo/? Jamais semblable délai ne s'était vu. Tels auraient pu être bien légitimement exprimés les raisonnements^ les arguments des parties intéressées à rencontre de ce procédé ministériel^ s'il eût été possible de raisonner et d'argumenter à Tendroit d'un papier du Roi contenant son Ordre ^ c'est-à-dire l'expression de la volonté de Tun de ses Secrétaires d'Etat ayant lagriffe pour la signer. Et si nous entrons en ces considérations et' appréciations minutieuses et particulières , c'est pour qu'aucun détail de l'historique vraiment singulier de ces papiers^ mystérieux pour la plupart aujourd'hui encore^ ne soit négligé dans cet écrit, tout entier consacré à leur sort.

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