‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inéditsChapitre 28 sur 159 · PRÉFACE. XLV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XLV

échue en 1871^ il se plaisait plutôt au souvenir de ses bonnes fortunes antérieures qu'il n'avait le désir d'en tenter de nouveau T aventure. Sa conversation ^ pleine d'intérêt à cet égard, m'avait entraîné à lui demander le récit écrit de ses souvenirs pour la part qu'il avait réservée à ses travaux sur Saint-Simon. C'est avec une grâce parfaite qu'il a écouté mon appel. Sa lettre est tout l'appendice de cet ouvrage, pour lequel cependant elle n'avait pas été écrite. Mais je l'ai trouvée si instructive et si bien appropriée au cadre de mon travail , que je n'ai point hésité à la présenter au lecteur telle que je l'ai reçue ( I ) . La modestie de l'honorable M. Gailien en sera peut-être surprise, mais en ne

(i) Je dois toutefois liaire une réserve sur les vœux trop ambitieux et trop bienveillants pour moi que M. Gallien veut bien former et exprimer aux dernières lignes de sa lettre. Il espère qu'après avoir eu ce bonheur de pouvoir mettre à jour le détail des œuvres inédites de Saint-Simon , après en avoir reproduit l'incontestable inventaire, je porterai mes efforts à en connaître les textes pour les publier. Telle n'est point mon ambition. Ce n'est point à moi que doit â;hoir ce soin glorieux. Il y a de légitimes devanciers pour cette entreprise. Tous les droits moraux me paraissent leur être acquis. Que ceux qui ont mis en lumière le manuscrit original des Mémoires, que ceux qui ont publié

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considérant que mes intentions, elle me pardonnera, j'en suis sûr , toute la liberté que je prends. Le lecteur jugera, par l'ensemble des détails et par la qualité de la diction, tout ce qu'il y a d'attrait littéraire et de sens judicieux dans l'esprit de mon honorable et érudit correspondant.

Mes honorables éditeurs ont pensé qu'une représentation de l'ancienne demeure féodale de l'auteur des Mémoires serait un haut ornement pour cet ou-

Vœuvre du -duc de Saint-Simon, publient maintenant les œuvres, toutes les œuvres du maître. C'est mon vœu personnel. Qu'ils se tournent donc de nouveau vers le centre de réunion de ces papiers, vers le Dépôt des Affaires Étrangères, puisque, désormais, ils ne peuvent plus ignorer le titre de ceux qui devront entrer dans la publication des ŒUVRES COMPLÈTES, qu'il faut bien croire que nous verrons un jour. J*ai cherché à répandre quelque lumière sur cette mystérieuse histoire des manuscrits et œuvres d*un très-grand homme; j'ai voulu mettre à profit, dans l'intérêt public, ce que j'avais pu apprendre; si j'y ai réussi, ma tâche est absolument accomplie.

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vrage. C'est à Thabile et hexireux burin de M. J. Mollard que nous devons de pouvoir rendre ainsi vivant cet intéressant souvenir du château où Saint-Simon a passé tant d'années, pour y faire trêve avec les passions des partis , les menées des cabales, et y chercher le repos presque magique qu'il y trouvait toujours. Tel était le manoir où le fécond peintre des mœurs du règne de Louis XIV et de la Régence a écrit la plus grande partie de ces innombrables pages, qui ont fait sa gloire et font notre admiration. Que de temps avaitil vécu là, même avant l'époque de sa retraite décidée et de son existence solitaire, à la suite d'événements où par intermittences, ne respirant que l'éloignement de la cour et résolu d'en abandonner les idées , il avait cru voir fermées pour lui toutes les avenues de la fortune? Que d'heures tranquilles n'y avait-il pas vues s'écouler et fuir, occupé au rassemblement de tous les souvenirs que lui avaient fournis non-seulement ses facultés personnelles d'observation profonde, mais en-

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core les confidences de tant de personnages « très-principaux » qui, à tous instants^ dans les appartements du Roi^ dans le cabinet des Ministres^ dans le sanctuaire même de madame de Maintenon, n'avaient eu « ni les yeux ni les oreilles fermés » . C'est en pensant au chef-d'œuvre que cet homme a produit ^ à l'abri de ces antiques murailles ^ sous ces vieux donjons , que la représentation du château de la Ferté- Vidame est émouvante , et c'est à ce titre que nous avons tenu à en offrir la pittoresque image ( i ) .

28 janvier 1874.

(i) Cette vue du château de la Ferté-Vidame , au temps de Saint-Simon, est Tune des quatre que M. E. Lefèvre, publicateur de V Annuaire d'Eure et-Loir, avait prié M. Auguste Deroy de lui dessiner, en i85i, d*après le document authentique conservé au domaine actuel.

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