RECHERCHES DE MARMONTEL
tives au règne de Louis XV, par où je voulois commencer; et je fus moi-même étonné de la confiance qu'ils me marquèrent. Le Comte de Maillebois me livra tous les papiers de son père et les siens, l^t Marquis de Castries m'ouvrit son cabinet, où étaient les Mémoires du Maréchal de Belle-Isle; le Comte de Broglie m'initia dans les mystères de ses négociations secrètes ; le Maréchal de Contades me traça de sa main le. plan de sa campagne et le désastre de Milan. J'avais besoin des confidences du Maréchal de Richelieu, mais j'étais en disgrâce auprès de lui, comme tous les gens de lettres de l'Académie. Le hasard fit ma paix, et c'est encore une des circonstances où l'occasion, pour me servir, est venue comme audevant de moi... Ainsi les portefeuilles furent à ma disposition.... J'avais en même temps, pour les affaires de la Régence, le manuscrit original des Mémoires de Saint-Simon que l'on m'avoit permis de tirer du Dépôt des Affaires étrangères, et dont je fis d'amples extraits (i). »
Ce fut donc Marmontel qui^ le premier de tous les écrivains français^ comprit la valeur réelle des Mémoires du duc de Saint-Simon^ et^ le premier aussi ^ rendit
(x) Œuvres de Marmomtbl, ses Mémoires, tome II , page 88 (Paris, 18 19).