‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 102 sur 244 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

droiture que de fierté (i). Sous des dehors légers, c* était un grand esprit, et il avait le cœur haut placé, La guerre continua avec des alternatives de succès et de revers. Enfin^ en 1762, la lassitude étant générale, on finit par trouver un terrain d'accord, et la paix ftit signée (2).

(i) En 1760^ alors qu'il préparaît des mesures fiscales pour pousser vigoureusement la guerre qui devait amener une paix durable, il écrivait à an président du Parlement de Paris : « Pour que la paix ne soit pas déshonorante et qu'elle soit solide, il faut faire la guerre avec honneur et sans impatience; il faut q\ie nos ennemis ne calculent pas sur nos troubles intérieurSj et qn'ila voient que les Parlements de France sont les sujets les plus soumis de Sa Majesté. « En 1762, au moment des préliminaires du traité de paix avec TAngleterre^ il écrivait âu duc de Nivernais, notre ambassadeur à Londres, pour se plaindre amèrement de la conduite peu loyale de l'Angleterre, qui demandait la démolition du port de Dunkerque, et il ajoutait fièrement : ce Jamaîsp monsieur le duc, dussé-je en mourir, je r/e donnerai mon consentement à une pareille des* truction, »

(2) Si les résoltats de la guerre de Sept ans ne furent pas pins brillants, la faute n*en est pas à Choîseul, qui^ malgré Taffreux dénuement dans lequel il trouva le royaume en entrant au ministère, fournît en abondance les hommes et Fargent. 11 écrivait en 1765, dans un mémoire au roi :

» ]e ne pus pas répondre à Votre Majesté des événements, je répondis seulement des moyens : ils furent abondants; des instructions : elles furent claires ^ précises. Ce n'est pas ma faute si vos généraux ne profitèrent pas des moyens et ne suî^ virent pas vos instructions. Vous fûtes mal servi, sire, et on

La correspondance entre le philosophe et le ministre ne roulait pas uniquement sur les péripéties de la guerre et sur les négociations politiques ; les deux correspondants abordaient souvent des sujets d'un genre tout différent.

En 1762 eut lieu Fexécution de Calas; Voltaire, convaincu de l'iniquité du jugement, se fit Tavocat du condamné et adressa brochures sur brochures, lettres sur lettres aux ministres, aux princes, au roi lui-même.

Il avait écrit à d'Alembert à ce sujet; la lettre, par la plus coupable des indiscrétions, fut publiée dans les journaux anglais, et avec de graves altérations ; elle parut une %'éritable attaque contre l'autorité du roi et celle des ministres et faillit attirer au patriarche les plus sérieux désagréments. Choiseul lui écrit de Fontainebleau, le

ne peut pas plos mal, par vos généraux; ils prouvèrent que les uns manquaient de talents, et les autres, sans avoir de talents supérieurs, avaient de plus une mauvaise foi et une perfidie très nuisibles à votre service. Votre ministre ne put rien gagner -^i sur Tun ni sur l'autre^ car II n'est pas possible de donner du talent h ceux qui n'en ont pas et de rendre honnêtes ocux qui sont malhonnêtes. Ce que je puis vous conseiller, sire, est de ne plus vous servir jamais des généraux: qui ont commandé vos armées dans la dernière guerre, n (11 était question de M. de Soubise et de M, de Broglie,)

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