‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 104 sur 244 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

En 1764, paraît le Dictionnaire philosophique portatif; il est interdit^ brûlé, etc. Voltaire^ très inquiet, proteste qull n'en est pas Tauteur, le dénonce lui-même comme dangereux^ en demande Fanéantissement, etc. Choiseul lui écrit à ce propos :

•t 27 octobre 1764.

« Pourquoi diable vous démenez- vous » Suisse marmotte, comme si vous étiez dans un bénitier? On ne vous dit mot et certainement on ne veut vous faire aucun mal. Vous désavouez le livre sans que Ton vous en parle; à la bonne heure [ mais vous ne me persuaderez jamais qu'il n'est; pas de vous. Le silence sur cet ouvrage était très prudent; vos lettres multipliées sont une preuve de plus qu'il est de vous et que vous avez peur- Soyez tranquille et tout le sera à votre égard; mais ne nous prenez ni pour des absurdes, ni pour des persécuteurs, n

Non seulement Choiseul approuve les écrits de Voltaire, mais il va plus loin^ il accepte le rôle

attention les affaires des particuliers..* On avale la calomnie comme du vin de Champagne et on rend .son vin sur le visage du calomnié. Je suis pénétré de colère et de douleur... Je crierai jusqu'à ce que je sois mort, n

épineux de corriger le poète. Ce dernier ayant composé la tragédie des Scythes, il envoie son manuscrit au duc en le priant de lui indiquer les corrections qu^il juge utiles. L^auteur, reconnaissant^ dédie sa pièce au correcteur lui-même, ce qui n'empêche pas les Scythes de n^avoir que quatre représentations et de tomber lourdement, à la grande colère du philosophe*

Si Voltaire acceptait avec modestie et reconnaissance les critiques de son illustre correspondant, on sait qu'il se montrait moins patient quand ces critiques, même les plus discrètes, venaient de ses confrères. Fréron était devenu Tobjet de son animad version^ de sa haine, et il témoignait, quand il parlait de lui et de ses écrits , une rage ridicule et folle, d Je n'approuve pas les satires de Fréron, lui écrivait Choiseul, mais je suis fâché que vous ne les méprisiez pas, » et il lui donnait à ce sujet des conseils que le patriarche se garda bien de suivre, mais qui lui prouvaient que, même sans se piquer d'être philosophe, on pouvait avoir de l'esprit et du bon sens.

a Je suis toujours étonné de la chaleur que vous mettez au moindre trait qui vous approche et que vous ne sentiez pas que cette chaleur qui est un

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