‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 11 sur 244 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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prise d'une fièvre violente ; trois jours après^ elle succombait.

La passion de Mme de Gontaut pour M . de Stain* ville eut le résultat le plus inatteodu ; avant de mourir, la pauvre femme, pour assurer la fortune de rhomme qu'elle aimait, arracha à sa sœur» Louise -Honorine, qui n'avait que douze ans, la promesse d'épouser S tain ville. L^engagement fut fidèlement tenu, et le 22 décembre 1750 la jeune fille, nous l'avons vu au début de ce chapitre^ devenait comtesse de Stainville; elle apportait en dot plus de 120,000 livres de rente.

Ce mariage étonna tout Paris ^ car la fortune du marié était bien loin d'être en rapport avec celle de sa femme. Il nVst cependant pas très exact de dire que Mlle du Châtel apportait une fortune considérable, elle apportait plutôt des espérances de fortune; en effet, elle soutenait en ce moment contre ses oncles, au sujet de la succession de son père (i), un procès très important, et si elle le perdait, ses biens devaient être fort diminués (2).

(i) Son père était mort le 31 janvier 1750.

(2) Mile Crozat et son neveu ^ âgé de trois ans, le fits du duc de Gontautf plaidaient contre M. de ThierSt leur oncle, et contre M. de Béthunei gendre de M. de Thiers. Il était question d'une

M. de Stainville, très noblement, n'avait pas voulu attendre la décision du procès pour épouser Mlle du Châtel, et le lendemain du mariage le procès fut perdu. Il n'en parut pas plus triste, consola sa belle-mère, qui prenait la chose avec moins de philosophie et s'alarmait sur son avenir; il lui dit de ne pas perdre courage, qu'il ne quitterait pas la partie avant d'avoir obtenu une grande ambassade et acheté une terre de 200,000 livres de rente.

Stainville et le duc de Gontaut appelèrent de la sentence rendue contre eux et obtinrent une re vision du procès. M. de Gontaut était alors fort amoureux d'une Mme Rossignol, femme de l'intendant de Lyon; il en parlait sans cesse à son beau-frère, qu'il avait mis dans sa confidence, et son refrain était : « Mon frère! croyez-vous que Mme Rossignol m'aime!... » Le jour où l'on jugea leur procès, ils étaient ensemble et entendirent

substitution. M. de Thiers prétendait que les terres du Châtel et de Moy devaient lui revenir aux termes de cette substitution. Mlle Crozat et son neveu prétendaient que la substitution était nulle aux termes de la coutume de Bretagne et du partage fait entre les trois frères (fils de Crozat le Pauvre), et que ces terres devaient rester dans la succession de M. du Châtel.

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