‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 113 sur 244 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

le train de vie resta le même; mais il n'y avait plus cette femme d'esprit « pour lier toutes les parties ».

Toutes les têtes travaillaient ; on ne doutait pas que le roi ne prit une nouvelle maîtresse* Chaque femme de la société tâchait d'attraper le gant , si le roi voulait le jeter, mais rien ne lui convenait. « Des femmes qui, sans figure, avaient des prétentions se remuaient, espérant suppléer par Tesprit à la jeunesse et à tout ce qui leur manquait. »

En réalité p c'était une charge de la cour qui était devenue vacante et dont on briguait la succession ; les fonctions, du reste, en avaient été quelque peu modifiées durant ces dernières années et sous certains rapports étaient devenues une sinécure. Le roi avait, en effet, son petit sérail, et l'on ne pouvait prétendre l'enlever à une vie dont Mme de Pompadour lui avait laissé contracter rhabitude ; il ne s'agissait donc que de se mettre à la place de la marquise et de représenter avec éclat et dignité.

Peu de temps après la mort de la marquise surviennent deux événements importants et dont il nous faut dire quelques mots,

La célèbre Sociétéde Jésus, qui avait étendu sur le monde entier son influence et ses ramifications,

éprouvait depuis quelques années d'amers dé^ boires. Déjà, en 1758, à la suite d'un attentat contre le roi de Portugal, Pombal fit saisir tous les jésuites qui se trouvaient dans le royaume et les fit jeter, au nombre de plus de six cents, sur la plage de Civita-Vecchia (i).

En France, de scandaleux procès commerciaux attirèrent l'attention sur la Société, Le Parlement ordonna qu'elle apporterait ses constitutions au greffe.

Un arrêt du 6 août 1761 déclara la doctrine des jésuites tt meurtrière et abominable (2) »» En 1 762, le Parlement de Paris leur enjoignit de renoncer pour toujours au nom^ à l'habit, aux vœux, au régime de leur Société, et d'évacuer dans la huitaine les noviciats, les collèges, etc. Un second arrêt de 1764 ordonna que les jésuites qui voudraient rester en France feraient serment de ne plus viv sous l'empire de leur Institut et d'abjurer 1 maximes condamnées.

(1) Septembre 1759. A cette époque, le pape était Clément XIII (Rezzonîco) .

(2) II ordonna que leurs livres seraient lacérés et brûlés en la cour du palais par le bourreau comme séditieux et destructifs de tous les principes de morale chrétienne, et il ordonna la fermeture de leurs écoles.

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