‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 115 sur 244 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Mme d*Esparbès venait d'obtenir un appartement à Marly, elle était sur le point d*être déclarée,

Choiseul se décida enfin à intervenir. Indigné de la guerre sourde qui lui était faite et que Louis XV tolérait, écœuré de voir ses bonnes intentions méconnues, il se rendit à Belle vue, où était le roi, et il lui fit les plus vives représentations.

Peu après ^ à Compiègne, M. de Praslin prévint le roi qu'il avait le désir de se retirer et que son cousin le duc de Choiseul le suivrait dans sa re* traite* Louis XV, très troublé, écrivit au duc aussitôt pour le dissuader de prendre une pareille détermination dans un moment aussi critique : la santé du dauphin donnait les plus vives inquiétudes.

Choiseul répond aussitôt au monarque et lui dit très noblement :

m J'avais le dessein de parler à Votre Majesté de la conversation que M. de Praslin a eue avec Elle à Compiègne, et qu'il m'a rendue. Je ne dirai point

pas le mépris profond que j'avais pour eux. Je savais qu^un parti de prêtres et de faux dévots m'attribuaient le renvoi dea jésuites. D

2i6 DUC ET DUCHESSE DE CHOISEUL

A Votre Majesté que ma santé exige ma retraite; elle est bonne, et quand elle ne îe serait pas, elle ne doit être comptée pour rien vis-à-vis de votre service et de mon attachement à votre personne. Mon repos intérieur, et assez naturel à mon âme confiante» est troublé effectivement depuis un an, par Tenvie, la liaine, les intrigues qui m'obsèdent et qui m'ont fait éprouver dans ce qui vous entoure des procédés incroyables. Chaque jour fait êclore une nouvelle tracasserie. J'en ai été affecté vivement Thiver dernier; je n*y étais pas accoutumé. Je m'étais persuadé que, ne faisant de mal à personne au monde et procurant du bien à beaucoup^ j'étais à l'abri de la haine. Cela ne se peut pas dans la place que j'occupe. J'ai pris mon parti décidément de mépriser et de me moquer des intrigues et des intrigants; cependant, sire, j'ai senti que Je ne pouvais prendre ce parti qu'étant appuyé de vos bontés et de votre confiance, et ce qui m'a fait songer à un repos qui me mît dans l'éloignement total des affaires » c'est la crainte que j*ai eue qu'à force d'entendre dire du mal de moi je ne vous fusse moins agréable personnellement et que vous ne me crussiez moins utile à votre service...

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