‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 122 sur 244 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

tice qui serait de les garder en ne les payant pas. Les particuliers compris dans cette réforme crient parce qu'ils en souffrent; le public qui n'entend que leurs cris juge et blâme sans examen diaprés eux; mais un homme juste, bon et équitable comme vous Fêtes, monsieur, n^écoute pas la voix tumultueuse et toujours suspecte du public sur les intérêts momentanés, mais il juge des opérations des ministres par leurs moyens et par la comparaison avec celles de leurs prédécesseurs^ et s'il trouve quHl y a eu des réformes à toutes les paix , qu'il était impossible de n'en point faire à celle-ci, qu'elle a été cependant moins considérable et moins onéreuse pour les particuliers que la dernière, il se contentera de plaindre ceux qui en souffrent sans taxer de tyrannie celui qui la (ait. 9 (Inédite.)

Mais M . de Mirabeau ne se laisse pas convaincre ; il écrit de nouveau, demande des entrevues, soutient que son frère est la victime de Choiseul et réunit un dossier qu'il remet à la duchesse avec la lettre qui suit ;

« Madame la duchesse, comme je vois qu'il n'y a pas moyen d'avoir de vos lettres à moins qu'il ne soit question de vous rendre quelque service, je me

trouve forcé à augmeiiter le nombre des obligations que vous m'avez et à vous parler d'une affaire dont V0U3 avez ouï détailler le précis en votre présence . Je joins ici toutes les pièces du procès. Lisez maintenant s'il vous plaît les susdites pièces sans aller plus loin . . *

8 Vous voyez, madame ^ que le saint roi David avait raison de prier Dieu de lui pardonner ses péchés inconnus et qu'encore faut*il un peu de ces pardons-là à MM. les ministres. Je suppose que c*est dans le dessein de faire cette provision-là que M. de Choiseul a commencé par Rome son cours de ministère. Quoi qu41 en soit, il peut appliquer l'intention de quelques-uns d^ceux à la réparation du tort manifeste qu'il a fait à mon frère, vieux militaire blanchi et brisé sous le harnais et homme de bien et bon serviteur du roi, s'il en fut. Dans le cas que vous ayez l'intention de lui sauver quelques minutes de purgatoire qui lui sont dues s'il ne répare pas dans ce monde ce petit méfait, vous aurez la bonté et la loyauté d'aviser aux moyens d'y parvenir; à faute de quoi, je vous ajourne à comparaître dans cent ans d'ici devant le tribunal de Dieu pour y plaider votre causeï et nous verrons qui des deux aura raison. Sur ce, madame la duchesse, je

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