‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 131 sur 244 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

propre que j'aime tant, et que je ne trouve jamais. 1» Du reste, le marivaudage des deux dames avec Walpole n'en continue pas moins, et elles saisissent avec empressement toutes les occasions de se rappeler à son souvenir.

Mme du Deffand imagine un jour de faire faire son portrait par Carmontelle ainsi que celui de Mme de Choiseul ; elles sont Tune auprès de Tautre dans la chambre du couvent de Saint-Joseph : Mme du Deffand est assise dans son tonneau, la duchesse, debout près d^elle, lui offre une poupée ainsi qu*il convient à une grand'maman qui visite sa petit e*fi lie. Dès que l'œuvre est terminée, bien vite on l'envoie à Walpole. Cette fois, il est satisfait et daigne le témoigner.

er Me voici le plus content des hommes! je viens de recevoir le tableau ; j'ai arraché toutes les enveloppes dont il était barricadé et enfin je vous retrouve! Oui, vous, vous-même! Je savais par inspiration que M. de Carmontelle devait vous peindre mieux que jamais Raphaël n'a su prendre une ressemblance î cela se trouve exactement vrai au pied de la lettre. Vous êtes ici en personne; je vous parle, il ne manque que votre impatience à répondre! La tulipe, votre tonneau, vos meubles,

votre chambre, tout y est! et de la plus grande vérité. »

Malheureusement, si le portrait de la marquise est des plus réussis, on n'en peut dire autant de celui de Mme de Choiseul,

« Pour la chère grand- maman, rien de plus manqué; jamais, non jamais je ne l'aurais devinée; c'est une figure des plus communes. Rien de cette délicatesse mignonne, de cet esprit personnifiéj de cette finesse sans méchanceté et sans affectation ; rien de cette beauté qui paraît une émanation de l'âme, qui vient se placer sur le visage, de peur qu on la craigne au lieu de Taimer. »

Mme du Deffand, avec une touchante sollicitude pour une femme de son âge, ne néglige aucune occasion d*être agréable à son ami ; mais ses efforts ne sont pas toujours couronnés de succès. Walpôle avait toujours eu une passion pour Mme de Sévjgné, Mme du Deffand fit donc faire une tabatière avec une charmante miniature de la célèbre marquise, et elle pria Mme de Choiseulde Tenvoyer à M. de Guerchy, notre ambassadeur à Londres. 11 était chargé delà faire déposer mystérieusement sur la table de Walpole sans que celui-ci puisse soupçonner Tauteur de Tenvoi. Au portrait était

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