CHAPITRE PREMIER
poser, la nature de leurs relations; à une hostilité ouverte succéda une intimité plus que courtoise, et bientôt une véritable amitié. Ces deux personnages, qui se détestaient sans se connaître, éprouvèrent Pun pour Tautre la plus vive sympatliie dès qu'ils furent en relations, a A Dieu ne plaise, a écrit Choiseul très noblement, que je désavoue que cette circonstance de ma vie a été Foccasion qui m*a fait connaître Mme de Pompadour, qui m'a lié avec elle de l'amitié la plus tendre et qui l'a intéressée à tout ce qui m'est arrivé. Je me souviendrai toute ma vie de mon attachement pour elle et de la reconnaissance que je lui dois pour moi, pour mes amis et ma famille. »
En juillet 1753, Choiseul fut désigné pour être employé comme maréchal de camp en Flandre, sous les ordres de M. de Soubise. Il resta trois mois absent.
A son retour il reçut une lettre du maréchal de Noailles, qui lui mandait que M. de Nivernais quittait l'ambassade de Rome, et que s'il avait envie d'être ambassadeur il lui fallait venir sans tarder à Fontainebleau, a En temps de paix, lui disait-il, il n'y a pas d'occupation plus noble que celle de la
politique. Vous êtes en âge d'acquérir de la considération, et vous perdrez tout avenir si vous restez oisif. »
Bien qu^il n'eût jamais jusqu'alors songé à la politique, Choiseul pensait bien qu'un jour ou Tautre il serait employé; avec son nom et sa situation, c'était fort naturel, et ^ambassade de Rome n'était pas un emploi au-dessus de ce qu'il pouvait prétendre très raisonnablement. La lettre de M. de Noailles n'eut donc pas lieu de le surprendre, mais elle lui rappela qu'il devait se créer un but sérieux dans la vie, ce qu'il paraissait avoir complètement oublié jusqu^alors.
11 arriva à Fontainebleau sans trop savoir à quel parti il s'arrêterait. Sa première visite fut pour M. de Saint-Contest, ministre des affaires étrangères; il en reçut le meilleur accueil^ et après une assez longue conversation le ministre lui promit l'ambassade de Rome. Le lendemain le duc vit Mme de Pompadour, qui lui confirma que sa nomination était certaine»
Choiseul prévint sa femme de leur nouvelle fortune; il annonça à sa famille et à ses amis l'événe^ ment heureux qui se préparait , et il commença à prendre ses dispositions en conséquence.