‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 183 sur 244 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

encore des amis de Paris, mais ils ne faisaient •qu^un court séjour

Lauzun s^accommode très vite et fort bien de la vie simple et paisible que l'on mène à Chanteloup. Cette existence isolée et au grand air calme ses nerfs surmenés; puis il s'occupe avec sa tante des mille questions que la châtelaine est appelée à résoudre.

Chaque jour il y a d'interminables conférences avec M. Mondomaine, l'écuyer; M. de Perce val, le capitaine des chasses; M. Ribol, l'intendant; Tellier, le concierge; Chauvin, le jardinier; Christophe, le vacher; Robin, le berger; Mme Grisemine, la gardeuse de dindons, etc., etc. La duchesse surveille tout elle-même, donne les ordres, les instructions à tous; rien n'échappe à son activité.

Elle se lève à dix heures, puis elle monte à cheval. Elle possède trois chevaux que son mari lui a donnés : Apollon, Favori et Pagneux; elle les monte à tour de rôle. Tous trois sont extrêmement doux, dressés à merveille, et on a cependant encore «oin de les promener avant que la duchesse les monte. De plus, elle a un piqueur qui lui est très attaché et qui ne la quitte pas. On a toujours peur

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d'un accident. L'abbé voudrait rétablir l'usage de monter en croupe avec un excellent éouyer, mais comment en supporter le ridicule et Tennui? Du reste, tant que Lauzun est là, il accompagne toujours sa tante, et avec lui il n'y a pas dlmprudence à redouter*

Le dîneri qui a lieu à deux heures, réunit tous les hôtes du château; la chère est excellente, mais on mange surtout des légumes et du laitage. Après le dîner^ la promenade, et le soir de longues conversations jusqu'au souper : c'est là que Lauzun déploie toutes les grâces de son esprit et tient sous le charme pendant des heures la société qui lecoute» A minuit, chacun se retire dans ses appartements.

Lauiun n*est pas seul à être apprécié; sa jeune femme a complètement conquis le cœur de la duchesse, qui se sent entraînée vers elle par une irrésistible sympathie,

et Elle a été charmante ici^ plus Je la vois et mieux je l'aime^ » écrit-elle à Mme du Defîand; « j'en suis bien fâchée, mais comment résister au plaisir d'aimer? puis je serais bien étonnée si celle-là m'en faisait jamais repentir. Aimons donc toujours en attendant; c'est autant de pris sur l'ennemi,

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