‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 186 sur 244 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

jet de préoccupation pour !e cœur fidèle de Tabbé . Pour comble de disgrâce, le temps étant devenu horrible j on ne peut plus sortir ni à pied ni à cheval, et Texercice est le meilleur des remèdes pour la duchesse. On ne peut lui parler de sa santé, on rimportune. Heureusement il n'y aura point de camp à Compiègne cette année, et elle en sera moins fatiguée. Mais Fontainebleau, Paris, Versailles , vont répuiser si elle ne répare pas ses forces. Si l'état physique de la duchesse laisse bien à désirer, fort heureusement la situation de son âme est parfaite, a toujours également calme et tranquille. » Mme du Delïand, qui regarde tous les maux qui nous frappent comme de peu d'importance, hormis les vapeurs, ne paraît pas s'inquiéter outre mesure de rindisposition de sa petite*fille. Elle lui dit bien ; « Je veux absolument » à votre retour, trouver vos petits bras bien ronds, vos belles petites joues bien pleines, ne plus entendre votre vilaine petite toux. » Mais à l'abbé, toujours inquiet, elle se contente d'écrire : a Je juge, par le calme où vous me dites qu'est son âmej qu'elle n'a point de vapeurs. Je l'en félicite, ce mal est le plus grand de tous; il n'y a que les plus excessives douleurs qui puissent être mises à côté* m

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Malgré son état de santé assez précaire, la déUcieuse duchesse trouve encore le moyen de remonter le moral de Mme du Deffand, qui s'effondre de plus en plus avec Tâge . Elle la gronde avec une charmante tendresse ^ et elle réclame d^elle comme un devoir l'état exact de son âme.

cr Pourquoi, ma chère enfant ^ m'avez-vous dit que vous étiez triste? mais c'est parce qu'il faut tout me dire, tout ce que vous pensez, tout ce que vous sentez, tout ce qui vous affecte, tout ce que vous avez pensé, tout ce que vous avez senti, tout ce qui vous a affectée , parce que tout cela est intéressant, et très intéressant, pour la grand'raaman; puis, ma chère enfant, la tristesse n'est point un défaut, c'est une maladie, et, en bonne aïeule, je serais encore plus empressée à guérir vos maladies, si je le pouvais, qu'à corriger vos défauts. L'âme a ses maladies comme le corps, et elle a aussi ses remèdes : l'amitié est un des plus efficaces, etj pour celui-là, ma chère enfant, je puis vous le dispenser avec profusion (i)* lï (3 1 mai 1 7 68.)

Au mois de juin, grande nouvelle qui enchante les habitants de Chanteloup et surtout la duchesse :

(i) Mme dti Deffand écrivait de son côté î w L*amitié seule peut faire supporter la vie. h

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