‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 193 sur 244 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

déplaise) proposa de faire deux grandes processions : l'une le jour de la fête, l'autre à l'octave, et que les chanoines feraient la première et les curés la seconde. Tous les partis, éblouis de cette idée, y souscrivent sur-le-champ, le notaire vient, on dresse la transaction. Le lendemain, le conseil de ville s'assemble et délibère d'aller aux deux processions. Notez que cette délibération n'a duré que cinq heures. »

Hélas ! toute cette belle négociation aboutit au plus piteux résultat. Curés et chanoines si bien réconciliés se disputaient plus que jamais quelques jours après.

La duchesse ne se borne pas à rendre la justice le cas échéant, elle cherche à faire le bien autour d'elle et à combler de ses bienfaits les paysans qui l'entourent. L'abbé nous raconte avec esprit comment elle occupe ses loisirs et avec quelle bonté de cœur elle s'occupe des gens de la contrée.

« Sur les bords de la Loire, à moitié chemin de Chanteloup à Tours, est une butte fort élevée sur laquelle est un petit village nommé Bondésir, qui appartient aujourd'hui au grand-papa, et qui avait appartenu à Mme la comtesse de Fiche-en-Bas. C'est le nom que les habitants donnent à Mme de

Furstenberg, Là est une chapelle dédiée à la bonne Vierge, où Ton assure qu'il s'est fait quantité de miracles . On y venait en procession de parci, de par4à, de toute la Touraine».. L'autre jour un paysan tomba dans la rivière; il y fut très longtemps, et pendant qu'il achevait de se noyer, il lui vint dans T esprit de s'adresser à Notre-Damede-Bondésir. Aussitôt il sentit une main très douce sous son pied qui le souleva. Avant-hier elle se manifesta à un paysan ; elle se plaça sur le toit de sa maison, brillante de lumièrej habillée de blanc, mais ne disant pas un mot. Nous ne savions rien de toutes ces merveilles; nous allâmes à Bondésir la semaine dernière. Le peuple s'assembla autour de la grand'maman et la prit pour la bonne Vierge qui venait les revoir» Nous vîmes dans la foule une jeune fille fort jolie, âgée de seize ans, très timide, très intéressante, Lagrand'maman lui fit quelques caresses. Nous vîmes ensuite le concierge, qui est un jeune paysan da vingt-deux ans, très bien fait, qui meurt de peur de tirer à la milice et d'envie de se marier. Hier, en nous rappelant cette course, nous dîmes qu'il faudrait marier le joli paysan à la jolie paysanne] aussitôt la grand'manian demande des chevaux, des voitures ; mais il pleut à verse, il

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