‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 211 sur 244 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

pieusement recueillir et où les mérites du duc et de la duchesse sont célébrés à Tenvie ne passent pas inaperçues dans le petit cercle intime des Choiseul ; on les goûte fort et leur auteur devient chaque jour plus apprécié et plus aimé. On ne cesse de parler de lui, de s*en occuper. Toutes ces dames souhaiteraient d'avoir pour w directeur » le capucin Voltaire .

Le patriarche, qui se sait fort bien en cour, n'hésite plus à solliciter mille grâces, mille faveurs. Pensions^ gratifications, brevets, croix de Saint- Louis sont accordés à peine demandés. Tout devient prétexte à sollicitations, et jamais inutilement*

Il y a dans le pays de Gex un jeune médecin qui reçoit quelques subsides de la France ; mais le patriarche ne le trouve pas suffisamment payé depuis que la contrée se peuple et qu'il y a une garnison, il T envoie solliciter à Versailles, muni d^une lettre autographe , mais cette fois la supplique est adressée à Choiseul, et pour cause :

a Monseigneur sait parfaitement que nous n'avions que des écrouelles dans les déserts de Gex autrefois, et que depuis qu'il y a des troupes nous

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avons quelque chose de plus fort; le vieil ermite, à la vérité, qui n'a reçu aucun de ces deux bienfaits de la Providence mais qui s'intéresse sincèrement à tous ceux qui en sont honorés, prend la liberté etc. »

Bien entendu le protégé du vieil ermite reçoit à Versailles le meil!eur accueil, et il obtient tout ce qull désire.

Vohaire n'était pas insensible à de pareilles marques d'amitié et de considération. Toutes ses lettres sont remplies de témoignages d'affection et de gratitude pour les bienfaits dont on l'accable : la grand'maman est adorable, délicieuse j jamais on n'a vu femme si accomplie, etc.

Un nouvel incident vint resserrer encore ces relations si tendres et mettre le comble à la reconnaissance du philosophe. Les troubles qui avaient divisé Genève en 1765, et qui, après deux ans de dissensions intestines, avaient paru s'apaiser, se renouvelèrent en 1770. A la suite d'une collision sanglante, un assez grand nombre de natifs (fils d'étrangers, nés à Genève, et auxquels on refusait le droit de bourgeoisie) furent obligés de quitter la ville. Versoix était à peine ébauchée, « il y avait des rues, mais pas de maisons^ n Voltaire n'hésita

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