‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 219 sur 244 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

au véritable bienfaiteur du pays, et au inili<-u feu d'artifice, tiré par les nouveaux colons, o.. voyait le nom de Choiseul se détacher en lettres de feu.

Le patriarche n'a garde de négliger le récit. de cette petite fête de famille, et il en fait une pompeuse description entremêlée de vers de sa composition.

« Madame, après avoir embelli votre royaume à Chanteloup par vos bienfaits, vous venez encore, M. le duc de Choiseul et vous, d'étendre vos grâces sur notre hameau de Ferney. Peut-être apprendrezvous tous deux avec quelque satisfaction que nos émigrants ont donné pour la Saint-Louis une petite fête qui a consisté en un très bon souper. . . Peut-être même M. le duc ne sera pas fâché d'apprendre au roi qu'il est aimé et célébré par ses nouveaux sujets comme par les anciens. Vos noms, madame, n'ont été oubliés ni en buvant, ni dans les feux d'artifice.

Nous étions tous fort attendris, Voyant du fond de nos tanières Des Choiseul les beaux noms écrits En caractères de lumière Sur nos vieux chênes rabougris Et parmi nos sèches bruyères.

« C'était plaisir de voir nos huguenots et nos papistes être tous de la même religion et montrant à leurs bienfaiteurs la même reconnaissance :

Rien n*est plus, selon mon humeur, Que de voir ces bons hérétiques Boire et chanter de si bon cœur Avec nos pauvres catholiques.

Dans cet asile du bonheur

Le prêche est ami de la messe;

Ils se sont dit : « Vivons heureux

Et tolérons avec sagesse

Ceux qui se moquent de nous deux. »

Que j'aime à voir notre vicaire Appliquer assez pesamment Un baiser près du sanctuaire '

A la femme du prédicant.

« On voit bien après cela, monseigneur, qu'il n'y a pas moyen de refuser un édit de tolérance. Nos colons, vos protégés, se mettent à vos pieds et nous supplions tous notre Bienfaiteur et notre Bienfaitrice d'agréer nos profonds respects. » (27 août.)

Vers la même époque, Mme du Deffand conseille à Voltaire d'écrire quelques vers en rhonneur des Choiseul, au lieu de s'occuper éternellement d'une

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