CHAPITRE DEUXIÈME
geurs arrivèrent à Rome le 5 novembre 1754, fort éprouvés par ce long voyage, que le mauvais état des routes avait rendu plus pénible encore.
Ils furent reçus par Boyer de Fonscoîombe, et aussi par Tabbé comte de Canillac, auditeur de rote, qui habitait l'Italie depuis vingt-deux ans» et qui allait être pour eux une précieuse ressource ; personne mieux que lui ne pouvait les initier aux usages de la cour de Rome et de la société*
Ils descendirent au palais Cesarini^ logement ordinaire de Tambassadeur de France, Ce palais n'était pas d*une belle apparence extérieure, mais il avait Tavantage d'être très vaste et de contenir des logements en quantité. Les appartements de réception, situés au rez-de-chaussée, étaient magnifiques, surtout la salle d'audience; de superbes tapisseries prêtées par le Garde-Meuble ornaient tous les murs; le mobilier était en velours de Venise à ramages cramoisis et à fond d'or; des lustres en cristaux de Venise éclairaient toutes les pièces (i). Les appartements du premier étage
infant d'Espagne et duc de Parme. Elle mourut à Versailles le 6 décembre 1759.
(i) C'était le cardinal de La Rochefoucauld qui pendant son ambassade avait tout Instatté.
étaient meublés partie en damas cramoisi, partie en damas vert. Toutes les autres chambres de la maison étaient garnies de lits de toile peinte en usage dans le pays.
Pendant que Tambassadrice goûtait un repos bien gagné par les fatigues de ce long voyage et que ses gens préparaient son installation, Choiseul commença à remplir les devoirs de sa charge.
Dès que son arrivée avait été connue, le pape et le secrétaire d^État, le cardinal Valenti, avaient envoyé prendre de ses nouvelles et de celles de Mme de Choiseul.
Le lendemain, le cardinal Porto-Carrero, ambassadeur du roi d'Espagne, vint rendre visite au duc et à la duchesse; le jour même, il leur envoyait un présent de sucreries, suivant l'usage du pays.
Peu de jours après, Choiseul se présenta le matin à l'audience du pape, au Quirinal; mais il y fut conduit par l'escalier secret qui monte de chez le secrétaire d'État à l'appartement de Sa Samteté. En effet, un ambassadeur qui n'avait pas fait encore son entrée officielle était censé ne faire que des visites secrètes; il ne s'était pas mis en public , On se borna, dans cette première entrevue, à des compliments réciproques.