‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 225 sur 244 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

s^opposent autant à nos plaisirs qu'ils sont contraires à vos intérêts. Quoi qu'il en soit, celui qui s*en est chargé ne les prend pas moins à cœurj et celle qui les sollicite n'y met pas moins d'ardeur; rien ne refroidira^ mon cher baron, le désir que j^ai de vous revoir, de contribuer à votre bonheur et de vous convaincre de tous mes sentiments pour vous. 9

Nous verrons bientôt comment et pourquoi ces négociations échouèrent lamentablement.

En mai 1770, Mme de Ch ois eul quitte Paris pour se réfugier à Chanteloup; elle avait d'autant plus besoin de la campagne que, pour ne pas abandonner son mari au milieu des intrigues qui s'agitaient autour de lui, elle avait prolongé plus longtemps que d'habitude son séjour dans la capitale. Les rigueurs de l'hiver, la vie de Versailles, l'avaient fort éprouvée et son état de santé était assez précaire pour inquiéter tous ses amis.

La veille du départ ^ elle soupe une dernière fois chez Mme du Deffand, et c'est au couvent même de Saint-Joseph que vient la chercher le carrosse qui doit l'emmener à Chanteloup. Après des ambrassades sans fin et des promesses d'un revoir prochain, la duchesse s'arrache enfin des bras de

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sa vieille amie, mais les adieux ont duré si longtemps que le jour est déjà levé quand les postillons montent en selle et font claquer leurs fouets •

A peine arrivée, la duchesse prend la plume pour donner de ses nouvelles à sa fidèle correspondante; en réalité, c'est pour lui parler de son mari, de ce cher mari si peu fidèle qu'elle vient de quitter la mort dans l'âme et qu*elle adore plus que jamais. Elle en parle en termes charmants. Si le portrait qu*elle en fait est peut-être un peu flatté, il contient des traits d'une rare vérité et peint à merveille le caractère de l'homme et ses éminentes qualités.

M Dites-moi I ma chère petite-fille, le grand-papa est-il remonté mercredi, après m 'avoir mise dans mon carrosse ?a-t-il parlé de moi? qu'en a-t-il dit et de quel ton? 11 me semble qu'il commence à n'êtred plus honteux de moi, et c'est déjà un grand point de ne plus blesser l'amour-propre des gens dont ou veut être aimé 1. ».

« Avouez que c'est un excellent homme que ce grand-papa ; mais ce n'est pas tout d'être le meilleur des hommes, je vous assure que c'est le plus grand que le siècle ait produit. On s'apprivoise avec sa bonhomie, et on ne remarque pas les talents supérieurs et les qualités sublimes qui sont auprès

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