‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 229 sur 244 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

en bon ordre. Dans ce moment, la petite sainte, qui était restée dans la calèche, avertit qu*eHe avait vu passer le chevreuil dans une petite route* Tous les chasseurs s*assemblèrent auprès d'elle. On vérifia le fait. Ce chevreuil était un lièvre. Le sonneur de cloches d'Amboise, qui se trouvait là par hasard, dit qu'il avait vu un sanglier s'enfoncer dans un taillis voisin ; nous Tentourâmes, et sans une grosse pluie qui tombait depuis une heure suf nous, nous l'aurions forcé. Je crois pourtant que ce sanglier était un hanneton, i>

Quelquefois on reçoit des visites du voisinage. Un jour Tarchevêque de Tours vient avec son grand vicaire : la duchesse se met en frais pour les bien accueillir. Avant le dîner, promenade sur la pièce d'eau; après le repas, elle fait comparaître les principaux animaux de sa ménagerie.

D*abord les moutons, qu'on laisse avancer sur le gazon qui est devant le château et qu*on invite même à entrer dans le salon. Les plus hardis s*approchentj attirés par les morceaux de pain, entre autres un bélier superbe qui, par le plus heureux hasard du monde, s'appelle Cathédrale, Il se promène gravement et sa beauté ainsi que son nom lui concilient Festîme générale. Mais, par malheur,

troublé par une si noble assistance, il s'oublie gra- > vement; les chiens de la duchesse s^indignent -'' d'une liberté si grande, aboient , et Cathédrale s'enfuit en faisant mille glissades sur le parquet ciré, au milieu des rires de l'assistance. Après ce premier spectacle, vint la mère Roby et sa suivante, ayant l'une et l'autre sur leurs poings des harass, les uns bleus, les autres rouges; ce sont les gardes françaises et les gardes suisses de Chanteloup ; ils sont présentés à monseigneur, qui leur donne force noix.

Troisième entrée : celle des makis, qui étaient Tannée dernière à Paris et qu'on a fait venir à Chanteloup. Ils sont jolis, faits comme des petits chats, avec une longue queue et un long museau; on leur donne des pommes.

Quatrième entrée : celle d'un singe habillé en grenadier, son sabre au côté, un fusil sur T épaule, un petit chapeau, un habit d* ordonnance, les joues couvertes de ronge de carrosse; méchant comme un diable, marchant sur ses deux pieds comme un homme. On lui donne des dragées.

Les vaches devaient faire la cinquième entrée ; mais, comme il était tard^ on fit approcher le carrosse de monseigneur, qui s*en retourna à Tours,

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