CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
€t très jolis; ils sont jolis parce qu'ils sont petits. Vous n^avez jamais voulu résoudre ce problème que je ne vous ai peut-être jamais posé : pourquoi les grands animaux ont tant d'agrément à nos yeux quand ils sont en petit, et les petits en auraientîis si peu s'ils étaient d^une taille monstrueuse? Une puce qui aurait le volume d'un éléphant ferait peur; un éléphant gros comme une puce serait charmant, n'est-il pas vrai? Je crois qu'il en est de même dans le moral, et qu'on voit souvent dans les premiers rangs des gens qui, sans ce grand volume de dignité et de vanité, seraient très aimables ou du moins très bonnes gens. Je crois aussi que je bavarde, et, puisque j'ai le bonheur de m'en aperce voir, je dois vous épargner le malheur d'en être plus longtemps ennuyée. » (21 juin.)
Le 20 juillet, Mme de Choiseul partit de Chanteloup pour aller rejoindre la cour à Compiègne; mais, au grand désespoir de Mme du Deffand, elle ne fit que traverser Paris*
La marquise, très piquée» écrit assez aigrement à Walpole :
ff Je ne sais quand la grand'maman reviendra ; je désire son retour, mais je supporte son absence j ina patience est à toute épreuve; j^ai trouvé qu*il
fallait tant de choses pour être heureux que j*ai abandonné le projet d*y parvenir; je laisse tout aller comme il peut et comme il veut; je bâille dans mon tonneau, et je ne m'embarrasse pas de ce qui Tentoure. »
Après un mois passé à Compiègne, la duchesse revint à Paris, et cette fois elle s'y arrêta quelques jours.
Une grande satisfaction Vy attendait ; Mme de Gramont était partie pour prendre les eaux de Barèges et ne devait en revenir qu'en octobre. Mme de Choiseul allait donc être maîtresse chez elle. Elle ne peut dissimuler sa joie. « L'absence de Mme de Gramont, écrit-elle, me fait un bien infini; il m'est impossible de ne pas le sentir. »