‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 30 sur 244 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Départ de l'abbé Barthélémy et de M. de Cotte poar l'Italie.

— Leur arrivée à Rome. — Aimable réception de M. et de Mme de Choiseul. — Joie de l'abbé. — Ses travaux et ses visites. — La vie à Rome. — Les réceptions de l'ambassadeur. — Ses dîners. — Le carnaval. — Les courses de chevaux. — L'intimité des Choiseul. — Le bailli de Solar. — Le baron de Gleichen. — La Condamine. — Les trouvailles de l'abbé. — Mme de Choiseul encourage les arts. — Greuze.

— Guiard. — Séjour des Choiseul à Frascati. — Querelle entre Choiseul et Gleichen.

Nous avons vu que Pabbé Barthélémy avait été retenu à Paris par les exigences de ses fonctions, et qu'il n'avait pu à son grand regret accompagner ses nouveaux amis dans leur voyage.

Cest seulement au mois d'août 1755 qu'il peut enfin mettre à exécution ses projets; il part accompagné de son ami très intime le président de Cotte, membre du Parlement et directeur de la Monnaie des médailles. Les deux savants, que tout amuse, qui s'intéressent à tout et qui ressemblent fort à deux écoliers en vacances, prennent à petites

journées la route de l'Italie. Après un voyage assez mouvementé, ils arrivent enfin à Rome le I" novembre.

L'abbé y était impatiemment attendu, et, ainsi qu'il était convenu, il descendit à l'hôtel de l'ambassade ; il y avait bientôt un an que son appartement était prêt.

Ses premières impressions sont enthousiastes ; il est ravi, émerveillé.

a Enfin nous voici à Rome, bien logés, bien nourris, bien carrossés, comblés des politesses et des bontés de M. et de Mme de Choiseul. Je vous ai écrit l'impression que m'avait faite la galerie de Florence, mais j'étais alors comme le rat de La Fontaine, à qui les plus petites collines paraissaient le mont Cenis ou les Cordillères. Rome a changé toutes mes idées : elle m'accable, je ne puis rien vous exprimer. »

A peine arrivé, il rend visite au Saint-Père, auquel il a fait demander une audience ; Choiseul tient à le présenter lui-même ainsi que son compagnon de route : Benoît XIV les reçoit avec l'affabilité et la bonhomie qui le caractérisent. En apercevant l'abbé, il s'écrie : E questoî E questoî

« Nous fîm^s les cérémonies accoutumées, dit

Page 1