‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 31 sur 244 · CHAPITRE TROISIÈME Si · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME Si

Fabbé, nous fûmes tous embrassés Tun après l'autre. Le pape m'interrogea sur plusieurs articles, sur le Capitole, le Vatican, l'Institut de Bologne, etc. Il parla ensuite de nouveau à l'ambassadeur, nous embrassa de nouveau, et quand ce fut à M. de Cotte, il lui dit en le voyant approcher : « Quoique parlementaire, io Vamo bene, » Quand nous fûmes sortis, il dit à l'ambassadeur qu'il ne doutait point que dans une compagnie comme celle iu Parlement il n'y eût beaucoup de gens sages et éclairés. »

Ses devoirs remplis envers le Saint- Père, Barthélémy ne perd pas une minute pour commencer ses études archéologiques et ses recherches. Mais à sa grande surprise il a trouvé le compagnon d'études le plus inattendu et le plus charmant; l'ambassadrice ne se contente pas de le comblei d'attentions et de prévenances de toutes sortes, elle a la prétention de Paider dans ses travaux et de lui consacrer toutes les heures de loisir dont elle dispose. Depuis son arrivée à Rome, elle a suivi un cours d'antiquités sous la direction de l'abbé Venutti; elle s'est passionnée pour cette science, et elle a acquis en peu de temps une instruction bien rare; elle connaît tous les monu-

ments, leur histoire, les moindres détails; aussi est-elle pour l'abbé un guide précieux, un cicérone parfait, un collaborateur aussi savant que lui; elle l'accompagne presque toujours dans ses excursions scientifiques.

Ces courses à travers Rome, ces longues dissertations sur les antiquités amenèrent entre l'ambassadrice et l'abbé une intimité croissante ; Barthélémy, charmé de trouver dans une femme aussi jeune tant de science, tant de grâce, tant de désir de plaire, éprouva bientôt pour elle une très vive amitié ; ce sentiment ne tarda pas à dégénérer en un attachement plus profond. Mme de Choiseul fut l'unique et grande passion de sa vie, passion toute platonique, toute de dévouement, hâtons-nous de le dire, ce qui ne la rend que plus respectable et plus belle.

Il a laissé d'elle ce portrait, écrit au moment de leur séjour à Rome et sous le charme des premières impressions :

« Mme de Choiseul, à peine âgée de dix-huit ans , jouissait de cette profonde vénération qu'on n'accorde communément qu'à un long exercice de vertus. Tout en elle inspirait de l'intérêt : son âge, sa figure, la délicatesse de sa santé, la vivacité qui

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