‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 4 sur 244 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

sans cesse. Mme de Choiseul est bien quelque peu précieuse, quelque peu raisonneuse. Mais quel joli style, quelles jolies pensées et quelle profondeur, souvent sous une forme légère. On ne peut lire sans attendrissement les réflexions de cette jeune femme de trente ans, assez éprouvée par la vie, et qui reste immuablement fidèle, immuablement attachée à Thomme qu'elle aime et qu'elle aimera jusqu'à sa dernière heure.

En ce siècle où le lien conjugal était de pure forme, où il était de bon goût de n'en tenir aucun compte, de le regarder comme un de ces préjugés nécessaires assurément pour les classes inférieures, mais dont les gens de cour n'avaient pas à se soucier, Mme de Choiseul a été une fort rare exception j elle a donné l'exemple d'une admirable fidélité, et cela sans fracas, sans ostentation, avec une modestie charmante.

C'est le portrait de cette aimable femme, de ce philosophe en paniers, bien menue, bien tendre, mais qui possédait une âme vi-

rile dans un corps frêle et débile, que nous avons essayé de peindre.

Nous ne savons si nos lecteurs trouveront quelque agrément à la lecture de cet ouvrage ; nous avons eu à le composer et à Técrire un charme infini.

Notre ambition est des plus modestes.

Nous n'avons nullement eu la prétention de faire de l'histoire, nous avons simplement voulu faire revivre par leur propre correspondance quelques-uns des personnages les plus spirituels du dix-huitième siècle, faire mieux connaître le charme incomparable de cette société qui, avant de disparaître à jamais, brillait d'un si vif éclat. Mais avant tout et surtout nous avons voulu tirer de Toubli une figure délicieuse, un cœur capable de tous les héroïsmes; mettre en relief une des plus nobles femmes qui aient jamais existé, une de ces femmes dont les rares vertus font honneur à Thumanité.

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