‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 49 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Fopéra. Aujourd'hui les nouvelles étant incertaines, on travaille à la fois pour ces deux genres de spectacle... »

Le Saint-Père trompa les espérances de ceux qui attendaient impatiemment sa succession, il s€ rétablit complètement et vécut encore près de quinze mois(i).

Rien ne retenait plus Choiseul à Rome, et il se disposait à prendre le congé qu'il avait demandé (2) ; mais l'évêque de Laon, qui devait le remplacer, n'arrivait pas. Impatient de retourner à Versailles et de connaître ce qui s'y passait, le duc ne voulut pas attendre son arrivée, et il écrivit au ministre qu'il confierait l'ambassade à M. Boyerde Fonscolombe. Ce dernier, très instruit, très au courant de toutes les affaires de Rome, était mieux à même

(i) Il mourut le 4 mai 1758.

(2) En demandant un congé, Choiseul avait trois bots t d'abord de prendre part à la guerre qui existait depuis un an avec l'Angleterre et qui allait, pensait-il, devenir générale par suite de l'attaque du roi de Prusse et de notre alliance avec la cour de Vienne. Il voulait aussi voir le succès de la lettre encyclique, et si le roi faiblissait, il ne voulait pas être à Rome pour essuyer les reproches du pape. Enfin, dernière raison, il était tenu exactement au courant par Mme de Pompadour et par Madame Infante des négociations avec la cour d'Autriche, et toutes deux le pressaient d'aller à Vienne comme ambassadeur. Il était urgent de voir tout cela de près.

que personne de défendre les intérêts du roi^ et on pouvait être sûr qu'entre ses mains ils ne péricîiteraîent pas.

Il fut décidé que Mme de Choiseul n'accompagnerait pas son mari; l'hiver était très mauvais, il ne cessait de pleuvoir depuis denx mois, les routes étaient impraticables. Comment exposer une jeune femme de santé si délicate à un voyage aussi pénible sans une nécessité absolue? De plus, le voyage du duc devait être très rapide, six semaines tout au plus^ du moins si ses projets secrets n ^aboutissaient pas.

Barthélémy, désireux de reconnaître les bontés dont il avait été comblé, offrit au duc de prolonger son séjour et de tenir compagnie à l'am* bassadrice pendant sa solitude ; son offre fut acceptée avec le plus grand plaisir.

Choiseul allait partir lorsqu'on apprit le ig janvier l'attentat de Damiens. L'émotion fut considérable .

«t Quel malheur venons-nous d^apprendre, écrit Barthélémy; j'en suis pénétré d'horreur! Nous ne cessons depuis deux jours de nous en affliger 1 Les Italiens même en ont été vivement touchés. Mme de Choiseul en a été malade ^ Tambassadeur

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