‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 51 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈxME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈxME

A cette époque, les ministres changeaient à peu près aussi souvent que de nos jours. C'est ce qui faisait dire à la duchesse d'Orléans, en envoyant faire compliment à l'un d'eux de sa nomination : a Au moins, sachez s'il y est encore. »

En partant pour Rome, le duc de Choiseul avait laissé comme ministre des affaires étrangères M. Rouillé (i); en revenant à Versailles, il trouva la place occupée par l'abbé de Bernis (2).

après l'attentat, M. de Machault avait très vivement conseillé à Mme de Pompadour de s'éloigner de la cour. Choiseul dit de lui dans ses mémoires : u M. de Machault était un homme de peu d'esprit, entêté, vain, sec, empesé, qui avait une petite tête qui fut tournée dans cet événement de l'assassinat de Damiens. »> {Revue de Paris ^ 1900.)

(i) Antoine-Louis Rouillé, comte de Jouy (1689-1761), conseiller d'État; chargé du département de la marine en 1749, on lui donna la direction des Affaires étrangères de juillet 1754 à juillet 1757. Il reçut ensuite la surintendance générale des postes.

(2) Bernis (François- Joachim de Pierres de) (1715-1794). Il avait été appelé au Conseil d'État le 2 janvier 17S7. Voici le portrait qu'en fait Marmontel :

M L'abbé de Bernis, échappé du séminaire de Saint-Sulpice, où il avait mal réussi, était un poète galant bien joufflu, bien frais, bien poupin, et qui avec le gentil Bernard amusait de ses jolis vers les joyeux soupers de Paris. Voltaire l'appelait la Bouquetière du Parnasse ^ et dans le monde, plus familièrement, on l'appelait Babet, du nom d'une jolie bouquetière de ce temps-là. »

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A peine arrivé, Choiseul voit que Fabsence n'a pas fait tort à son crédit; Mme de Pompadour l'accueille à merveille^ le roi lui fait bon visage, les courtisans Tentourent à l'envi; tous lui font compliment sur le succès de son ambassade.

Le roi, du reste, ne lui marchande pas les témoignages de sa satisfaction ; il accorde à son père une pension de 10,000 livres. Peu après, il nomme Choiseul à Fambassade de Vienne (i), objet de son ambition.

Le duc écrivit aussitôt à sa femme les nouvellesdestinées auxquelles la confiance du roi l'appelaît, et il rengageait à revenir immédiatement ; comme elle ne pouvait faire le voyage seule, il priait Tabbé^ Barthélémy de Faccompagner à Paris, où les deux^ époux devaient se retrouver-

« Je pars enfin mardi prochain^ écrit l'abbé Barthélémy le 6 avril 1757, et je vais à Inspriick, Munich, au diable. Il n'est plus question de parents à Marseille, de tables isiaques à Turin, et peut-être d'amphithéâtre à Vérone* Nous irons en courant jusqu'en Lorraine. M. de Choiseul veut que j^accompagne madame à Paris^ et je ne puis absolument

(i) Le comte d'Aubeterre, quî était à Vienne, fut envoyé à Madrid, où il remplaça le duc de Duras.

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