‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 52 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

m'en dispenser; tous mes sentiments sont à eux. »

Lorsque les voyageurs arrivèrent à Paris, Choiseul apprit à Tabbé qu41 s'était occupé de son sort et qu'il viendrait avec eux à Vienne. Il avait obtenu pour lui une mission du roi de visiter la Grèce, les îles de l'Archipel, etc. Quelque séduisant que fût ce projet, l'abbé ne put l'accepter, le cabinet des médailles, abandonné depuis plus de deux ans, exigeant impérieusement sa présence dans la capitale.

Le duc et la duchesse prirent congé du roi le 29 juillet, et quelques jours après ils partaient pour Vienne; ils y arrivèrent le 20 août.

Dès le 25, l'ambassadeur, qui a été fort bien accueilli par le comte de Kaunitz et par le vicechancelier, le comte de Colloredo, est mené à Schœnbrûnn pour être présenté à l'impératrice et à l'empereur. Voici en quels termes il rend compte de son entrevue à Louis XV :

« L'impératrice, après m'avoîr parlé de Votre Majesté avec le plus vif intérêt, m'a demandé des nouvelles des personnes que vous honorez, sire, de votre confiance et m'a témoigné pour Mme de Pompadour nommément beaucoup d'amitié et d'estime. »

Non seulement Choiseul était né Lorrain, mais

son père avait été pendant de longues années au service de Tempereur; c'était plus qu'il n'en fallait pour ménager au duc à la cour et dans les cercles politiques de Vienne un accueil des plus gracieux. Lui, de son côté, s'efforça de déployer tous ses moyens de séduction ; il voulait à tout prix réussir dans cette ambassade qui devait lui ouvrir la porte des grandes ambitions.

Marie-Thérèse eut vite distingué les grandes qualités de l'ambassadeur, et elle traita avec lui sur un pied d'affectueuse estime. Il servit bientôt d'intermédiaire entre elle et Mme de Pompadour. Louis XV fut très sensible aux marques d'attention de l'impératrice vis-à-vis de la marquise, et il en fut reconnaissant à Choiseul.

Le séjour du duc à Vienne fut infiniment moins agréable que ne l'avait été celui de Rome. Si les agréments de la société offraient plus de ressources et des distractions plus nombreuses, le rôle politique joué par l'ambassadeur et les responsabilités qu'il encourait étaient peu attrayants et devenaient la source d'ennuis et de difficultés sans cesse renouvelés (i).

(i) Depuis le i*"" mai 1756 la France était unie à l'Autriche par une alliance qui nous entraîna dans la meurtrière guerre

Page 1