‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 53 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Pendant son ambassade^ Choiseul n'eut guère à s'occuper que de la confirmation de l'alliance entre les deux cours et des relations entre les armées qui tenaient campagne en ce moment; toute sa correspondance avec le ministre n'est remplie que de détails sur les péripéties de la guerre, les traitements des troupes, les quartiers d'hiver, les mouvements à opérer, les négociations entre les différentes armées, le mauvais succès des opérations, les dégâts causés par les troupes françaises, qui en commettent plus encore que les troupes prussiennes; les subsides à payer par la France, etc.

Le travail de Choiseul est énorme, il doit s'occuper de tout, veiller à tout; pour un an à peine sa correspondance politique comprend plus de huit gros volumes. Il était secondé par Boyer de Fonscolombe, qui était venu le rejoindre et dont les services lui étaient des plus précieux.

Mais si le travail de l'ambassadeur était considérable, le résultat n'était certes pas en rapport avec la peine qu'il se donnait*

de Sept ans. Frédéric, qui avait à lutter contre les troupes russes, françaises, autrichiennes et suédoises, avait de son côté signé un traité avec l'Angleterre ; cette dernière, par haine de la France, s'était engagée à lui fournir des subsides.

Sa situation est des plus désagréables à Vienne ; non seulement on ne Técoute guère^ mais on ne cesse de récriminer contre la France. Il fait luimême, dans une lettre au comte de X...» un tableau des soucis de sa situation et des regrets quUl éprouve d'avoir accepté ce poste, où il n^éprouve que des déboires :

II 10 décembre 1757.

« On m'informe d^un événement qui me désole, l'armée impériale en Silésie a été battue, et, il me paraît, à plate couture.

n Voyez la carte et vous jugerez du malheureux effet de cette bataille.

« La cour^ à qui j*ai mandé mon avis, même au milieu des succès du prince Charles sur le projet de Silésie, -me rendra justice. M, de Flenning pourra dire ici que j 'ai souffert avec une patience d*ange le peu d'attention et le mépris que Ton a marqués à Vienne pour mes avis, jusqu'à me dire qu'ils n'étaient pas militaires; rien ne m'a rebuté jusqu'à présent, mais mon courage est à bout vis-à-vis d'un homme qui veut diriger les opérations de la guerre avec une présomption sans exemple et qui n'a pas la première notion militaire. Ce ne sont pas

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