CHAPITRE QUATRIÈME
qu'elles fussent intéressantes ; du reste il ne savait que ressentie! des choses, abandonnant les détails aux secrétaires et aux commis.
Il modifia toute la diplomatie étrangère, et il s'efforça de faire retrouver à la France le rang qu'une guerre malheureuse lui avait enlevé. Son âme ouverte et franche dédaignait les petits détours ; son esprit supérieur ne craignait pas de se laisser pénétrer; ne cherchant pas à dissimuler, ilparlait avec fierté et audace, et il parvenait à intimider les puissances étrangères.
La haine qu'éprouvaient pour lui l'Angleterre, Catherine, Frédéric, montre bien les services qu'il rendait. Catherine l'appelait le « cocher de l'Europe » parce qu'il menait à grand train les affaires. Frédéric l'appelle l'homme le moins endurant qui soit jamais né en France.
Nous aurons, en maintes circonstances, au cours de ce récit, l'occasion d'apprécier sa remarquable intelligence, la noblesse de ses procédés, l'élévation de son caractère. Puissions-nous faire mieux comprendre cette grande figure, à laquelle la postérité n'a pas rendu, à notre avis, la justice qu'elle méritait.