‹ Le duc et la duchesse de ChoiseulChapitre 58 sur 244 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

dévotes, dominées comme leur frère par les jésuites, forment la quatrième cour.

Le roi, malgré son âge^ il a plus de cinquante ans, n a rien perdu de sa beauté et de son élégance ; sa santé est excellente et son goût pour le beau sexe, conséquence naturelle de Tardeur de son tempérament, se manifeste toujours aussi vivace que par le passé.

Louis XV vaut certes mieux que sa réputation ; il est d'un caractère doux et facile dans son intérieur, aiïabîe, plein dlndalgence et de bonté, te C'est le plus excellent des hommes, le maître le meilleur et le plus facile avec ceux qui l'entourent. Mais il est insouciant, indifférent, ne s'attache à rien ni à personne, et il traite les affaires de l'Etat comme si c^était un autre qui gouvernait, a Les t( choses telles qu^ellessont dureront toujours bien c( autant que moi, » voilà sa grande phrase, celle qui répond à tout. »

La marquise de Pompadour règne depuis près de quinze ans sans rivalité et sans partage ; rien ne fait prévoir la fin de cette faveur inouïe.

Elle avait su^ dès le début, se servir de son crédit avec un tact qui lui concilia bien des esprits. Les favorites auxquelles elle succédait, les sœurs

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de Nesles, s'étaient placées à un diapason dimpu* dence qui soulevait le cœur des honnêtes gens, Marie Leczinska s'était vue narguée par ces quatre soeurs dans son propre palais et humiliée comme épouse et comme reine.

Mme de Pompadour, petite bourgeoise et bonne femme, témoigna au contraire une déférence respectueuse pour la reine, et on lui sut gré de cette conduite. Le roi, qu*on entraînait au bien et au mal avec la même facilité, changea de maintien envers la reine, et l'on en fit honneur aux bons instincts de la favorite. Les honnêtes gens acceptèrent donc Mme de Porapadour sans trop de répugnance; son personnage étant admis en principe dans toutes les cours, la critique ne pouvait porter que sur la manière dont elle en usait.

La cour, la ville, le clergé, tous les ordres de rÉtat se pressent dans ses salons, a Personne comme elle ne savait traiter chacun comme il convenait, avec une aisance qui confondait tous les 1 rangs. » Les souveraines d'Autriche et de Russie n'hésitent pas à correspondre directement avec elle, et l*assiduité des ambassadeurs à sa toilette marque bien le degré de considération extérieure qu'elle avait acquis*

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