CHAPITRE CINQUIÈME
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n'avait pensé qu^à vous toute sa vie. » Elle était devenue Tamie intime de Mme de Pompadour,
La marquise avait encore près d'elle Mlle de La Vallière, puis ses cousines, M mes d'Esparbès et d'Amblimont, toutes trois charmantes, pleines de gaieté et d'entrain.
Parmi les courtisans assidus du petit cénacle royal figurent M . de Chauvelin, qui joint à beaucoup de finesse dans l'esprit le caractère le plus aimable ; le marécbal de Soubisej que font aimer son usage du monde et i'aménité de ses formes; le maréchal prince de Beaovau, frère de Mme de MIrepoiXj qui joignait à tous les procédés nobles et délicats un esprit juste et un goût exquis. Mais celui que Ton apprécie le mieux dans l'intimité de la marqtîise, c'est le duc de Gontaut, le beau -frère de M. de Cboiseul; il est Tami préféré delà favorite, son compagnon le plus cher et le plus fidèle.
Dès que Cboiseul fut établi à la cour, il devint naturellement un des plus assidus dans le petit cercle de Mme de Pompadour , il fut bien vite un des plus aimés.
Du reste , la marquise n'avait pas servi un ingrat» Choiseul lui fut tout dévoué et sa reconnaissance ne se démentit jamais. A aucun moment elle n'eut
io6 DUC ET DUCHESSE DE CHOISEUL
autant de pouvoir que lorsqu'il fut entré au ministère ; elle le disait elle-même un jour à M . de Gon* taut : w On me croit bien du crédit ! sans l'amitié de M. de Choiseul, je n'obtiendrais même pas une croix de Saint- Louis, n
Le duc ne passait pas un jour sans la voir, et il lui témoignait une affection profonde. Son ton, ses manières avec elle étaient les plus aimables du monde, respectueux et galants. De son côté Mme de Pompadour le regardait non pas comme un protégé, ainsi qu'elle le faisait de ses prédécesseurSj mais comme le plus grand seigneur et rhomme le plus aimable. Elle goûtait son esprit, le brillant de sa conversation, sa gaieté charmante, le tour facile qu4l donnait à ses idées, une causticité qui Tamusaît aux dépens de leurs ennemis communs. Ses talents Tavaient complètement séduite, et dès qu'il fut au ministère^ elle ne vit plus que par ses yeux.
On a dit que Choîseul avait été son amant ; c'est bien peu vraisemblable. D'abord, si la marquise avait la tête vive et le cœur sensible ^ elle était froide à l'excès pour l'amour, et puis le duc était très occupé ailleurs. Il avait ramené de Vienne une certaine princesse de Kinski dont il ne pouvait