CHAPITRE SEPTIÈME
^^3onne. Informez -moi, si vous trouvez mes ré-
■^^exions aussi justes qu*honnêtes. C'est un sacrifice
^pour vous-même que je vous demande, mais, mon
^her abbé, soyez sûr que c*est ramitié la plus
^•;endre et les sentiments les plus honnêtes qui me
ïe dictent,
« Le duc de ChoiseuL » (Inédite.)
Cette lettre si digne, si généreuse» aurait dû sortir l'abbé de ses hésitations; la voie à suivre était bien nette, bien tracée, il n'avait qu^à se conformer aux conseils du duc. C'est ce qu^il voulut faire, mais non sans avoir auparavant consulté sa bienfaitrice. Aussitôt, nouvelle lettre de Mme de Choiseul plaidant la thèse contraire^ et le malheureux abbé, tiraillé à droite, tiraillé à gauche, ne sachant à quel saint se vouer, à quel parti se résoudre, perdait littéralement la tête*
H J'ai laissé M. de Choiseul j l'abbé j vous dire ce qu'il pensait de vos nouvelles craintes et des démarches que vous projetez, et je me suis donné à moi-même le temps de rédiger mes idées.
a J'admire comme tout le monde la beauté et la noblesse de votre procédé, mais je ne sais pas si votre imagination échauffée ne vous a pas fait passer
le but et empêché de distinguer toutes les faces de cette affaire. La lettre que je vous ai écrite il y a quelque temps à roccasîon de la délicatesse que vous aviez déjà sur le même sujet aurait dû vous rassurer pour le moment et pour Tavenir. Votre conduite, la mienne, celle de tous ceux qui vous ont servi, doivent les mettre à l'abri du blâme public; s'ils sont cependant assez malheureux pour rencourir, il est injuste» et ils sont faits pour se mettre au-dessus, car personne n'ignore que le Mercure n'ayant été ôté à Marmontel qu'au sujet des vers sur M. d'Aumont, les efforts que j-ai faits pour vous le procurer après qu^l ne Tavait plus n'ont pu lui nuire. Ou Marmontel est innocent ^ ou y est coupable; s'il est coupable) le gouvernement fera-t-il cesser l'effet de la punition? S'il ne l'est pas, avouera-t-il qu'il ait fait une injustice?
« En refusant le Mercure^ n'avez-vous pas l'air de l'en soupçonner, et aux yeux de ce public que vous craignez et que vous réclamez vis-à-vis de moii ne m^en accusez*vous pas visiblement par cette démarche? Ne doit-il pas croire que j'ai eu la barbarie j l'inhumanité de déposséder un homme de son bien pour en revêtir un autre parce que je l'aime et que Mme de Pompadour, par faiblesse