‹ Le Duchesse de la Vaubalière, drame en cinq actesChapitre 41 sur 46 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ADRIEN

Nous voici donc à Orléans... j'ai vu en bas , sous la remise, le carosse armorié , la livrée du duc. . . c'est bien ici que doit s'arrêter le misérable qui a voulu faire de moi un assassin !... un assassin , grand Dieu ! . . . Et quelle aurait été la victime ! . . . Julie ! Julie ! c'est moi qui t'aurais tuée , moi , ton premier. .. ton seul amour, moi dont le souvenir occupait toutes tes pensées!,.. {Il s'assied.) J'ai tout appris de la bouche du notaire...

ah! combien elle a dû souffrir... que j'étais loin de soupçonner les événemens qui se sont succédé pendant mon absence ! — plus loin encore de me douter que ce vieux notaire , qui venait de mourir quand je me présentai chez lui , avait laissé des traces de mon existence dans son étude , que ces traces étaient tombées entre les mains de son successeur, et que le successeur de M. Bertin était ce bon , cet excellent Morisseau à qui je devrai bientôt un nom, une famille 1(^11 se Ik^e.yjJne famille! ah! maintenant dois-je la rechercher? si je succombe , ne vaut-il pas mieux qu'elle ignore qu'un des siens est tombé sous le fer d'un meurtrier!., que dis-je? hélas! si le sort trahissait la justice de ma cause, si je mourais ! je placerais Julie sous sa protection ! je léguerais à ma famille le soin de ma vengeance!...

(Il va au-devant de Moiisseaii.)

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