‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 114 sur 122 · MARCHÉ · texte numérisé non relu

MARCHÉ

aux mêmes conditions que Taccepte le criminel intelligent et réfléchi? Si, sur 36 millions d'hommes, il ne s'en trouve pas 200 mille, 100 mille, 50 mille, 25 mille, 12 mille, 6 mille, 3 mille, 1,500, 750 qui se livrent au meurtre atroce, au crime contre la personne, pour le vol y ceci implique une cause. Nous .prenons dans le tableau de M. Lucas, dans une année féconde, les chiffres suivants :

1825. Parricides ... 7

— Assassinats. . . 2ii

— Meurtres. . . . 390

— Empoisonnements. 50 — . Infanticides. . . 140

Si vous déduisez 140 infanticides, il demeure

791 crimes atroces, l'infanticide appartenant à une autre catégorie que ce que nous traitons.

1826. Parricides . . . U

— Aslsassinats . • . 312

— Meurtres. . . . 298

— Empoisonnements. 26 -*- Infanticides. . . 132

Déduire 132 infanticides, il demeure 650 crimes produits par les diverses causes qui affolent la pensée humaine.

Nous déduisons les cas d'infanticides, qui entrent dans un autre ordre de choses.

Âinsi^ pour chaque million d'habitants il y a eu 18 criminels de tous genres, ceci dans la France éclairée, où l'éducation répand ses bienfaits, et dans laFrance ignorante,33 criminels surdii-huitmillions.

En 1825, on a exécuté 111 criminels. A peu près les mêmes résultats pour 1826.

Pourquoi, pur trente-six millions d'hommes, n'y a-t-il eu pour le crime dont nous nous occupons, non 111 exécutions (tous les crimes divers sont compris dans ce chiffire), mais 70 à 80; ceci, encore une fois, implique une cause, et quelle est cette cause? Est-ce que l'industrie serait mauvaise, dangereuse, qu'elle présente mille chances contre tine, que l'en-

jeu c'e$t la télé. Mais voas Toyez que soixante-dix à quatre-vingts personnes l'ont bien acceptée en 1825, cette industrie, ce commerce fait avec intelligence et réflexion. Pourquoi y en a-t-il trente-six millions qui n'en veulent pas, contre quatre-vingts personnes qui en ont voulu ? Et, néanmoins, nous n'avons fait entrer en ligne de compte que Téchafaud. Mais l'éefaafaud n est qu'une avance qu'on fait sur la mort, un escompte sur la vie ; nous savons tous fort bien que nous devons mourir 1 Et si trente-six millions d'hommes ne refusent que pour Véchafaud seulement, que sera-ce donc quand nous aurons restitué au criminel ce qui fait l'homme moral, religieux et aimant ; que sera-ce quand nous lui aurons rendu Vâme^ le cœur et l'instinct de sa propre conservation que nous lui avons ôté. pour un moment.

Le Doit n'est donc pas fini si le criminel est intelligent, et plus il sera intelligent , plus sa moralité sera développée, plus il aura à combattre le trouble de la conscience, les appréhensjons du crime, les mille fantômes agitateurs, que le crime fait surgir de la terre et du ciell.... Il faut qu'il étouffe les premiers enseignements de la mère, les premiers enseignements du prêtre I... H faut que cet homme arrache Dieu du milieu de tout son être, qu'il délibère en face du crime, que fâme n'existe pas, ou

que si tUe eâPtite/tout finit à la mort (1). Il faut que touijp planche de salut s'abîme , toute la croyance de la vie, tout espoir, toute espérance I La porte de Dante! et après l'anéantissement de Tàme, il faut à cet homme, qui pense, qui sent y qui réfléchit une autre exécutUm: il faut Vannihilatitm du cœur. Il faut que rien ne demeure debout dans le désert que se fait le meurtrier I... Pas une larme de mère> ni souvenance d'une sœur 1 cet homme^ froid calculateur, se dira:

« Un jour mon père entendra chanter ma com- « plainte devant sa portel... Et personne ne voudra^ « pour sa femme, de la sœur du guillotiné.

Et enfin, pour quelques poignées d'argent^ qui forment Tavoir du criminel, il faut qu'il étouffe l'instinct de sa conservation qui domine même chez la brute!....

Et maintenant notre doit et avoir rempli^ demandons aux trente-six millions d'hommes, pourquoi ils ne veulent pas, eux, qui sont intelligents, de ce qu'ont voulu « les 70 de 1825» qui étaient intelligents eux aussi? Yoici ce que vont nous répondre les trente-six millions d'hommes qui ne veulent pas de Y Industrie du Commerce, dont ont voulu les 70 ou les 80 sur trente-six millions.

(1) Post mortetn nihil est, comme César.

« Nous ne voulons pas du crime y parce que nous « sommes des êtres, des créatures sensibles ^ intel- «( ligentes et morales I Parce que nous croyons en c Dieu, et que nous voulons notre part de repos a dans réternité. Parce nous ne voulons pas faire « à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'il nous « fût fait. Parce que nous voulons la bénédiction tf de Dieu^ celle de nos pères et mères, et la héùé- « diction de l'estime publique et que nous ne vou- « Ions pas descendre dans la tombe couverts de « l'infamie du crime et léguer à nos enfants cet « épouvantable héritage I Parce que nous voulons u marcher dans la voie de l'honnêteté et de l'humaa nité. Parce que, bien loin d'attenter à la vie de (c nos semblables / nous voulons leur être bons, « utiles, secourir leurs souffrances , et, même au a péril de notre vie, sauver la leur.»

Mais alors vous^ qui êtes dans la vérité de votre nature sensible, aimante, morale et intellectuelle, vous les trente-six millionsd'hommes,dites-nous donc pourquoi soixante-dix hommes , organisés comme vous, étant ce que vous êtes, ont accepté ce qui vous fait reculer d'épouvante et d'horreur?...

Pourquoi?

c( C'est que le crime c'est la démence. »

Et n6as déBons qu'on nous prouve que ce puisse être autre chose, en réduisant l'état de la question à rintérét personnel, à la cause qui fait le crime.

Et remarquez un moment contre quoi le criminel troque sa tète.. Pour Tivrognerie, dans d'abominables cabarets; pour les turpitudes de la prosti» tution, dans des bouges infects!

Étudiez le crime, étudiez ses mœurs, ses habita*des, sa putréfaction, suiyez-le dans ^es repaires, et comprenez s'il y a place pour la raison dans cette tète dévastée, dans ce regard affolé, dans cette conscience sans Dieu^ dans ce cœur .sans affection, détritus d'hommes, promenant la sauvagerie au sein de la civilisation.

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