‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 116 sur 122 · LÉGISLATION DE MOÏSE · texte numérisé non relu

LÉGISLATION DE MOÏSE

Et Moïse monta vers Dieu; car TÉtemel Tavait appelé à la montagne pour lui dire : Tu parleras ainsi à la maison de Jacob, et tu annonceras ceci aux enfants d'Israôi. (Le Sinaî, chap. XIX.)

« Ils sont restés debout sur leur base profonde, « Comme ces vieux rochers contemporains du monde. »

(Delille.)

« Heureux entre tous les mortels ceux à qui Dieu a « ùÀt la grâce d'entendre, de lire, de prononcer en prière « et de respecter les paroles de ce livre. » (Lord Byron.)

C'est certainement dans la législation de Moïse que Montesquieu a pris son idée de la moralité du Talion. 11 fallait pouvoir étayer cette opinion d'une autorité aussi formidable pour oser dire devant la conscience humaine a que la peine de mort était c< comme le remède de la société malade. » Ce grand génie n'avait pas vu d'abord que le peuple d'Israël n'avait pas de lois civiles, de lois humaines , que depuis les dix commandements jusqu'aux cérémonies religieuses, jusqu'aux prescriptions de solidarité fraternelle, tout a été dicté à Moïse par Dieu, et que toute la loi est purement théocratique. Que secondement cette législation était complètement exceptionnelle pour un peuple complètement exceptionnel. Ce n'est qu'au chapitre XYII, que Montesquieu s'aperçoit que les lois théocratiques d'Israël étaient sans application possible parmi les nations^ pour lesquelles elles

n'ont pas été foites. Il n'a pas creusé assez avant dans la profondeur de la loi mosaïque^ dans le mo*nument éternel devant lequel l'esprit humain se pirosteme ! La connexité d'un commandement avec un commandement est si étroite, la cohésion si par* faite, qu'il faut accepter le tout, et que si l'on veut disjoindre le tout, les parties ne peuvent s'adapter comme lois à aucun système politique, social ou civil. Montesquieu ne s'est pas aperçu que le crime atroce, que le crime pour voler n'avait pas cfecati^e au moment où Moïse reçut la loi^ et qu'il en avait moins encore quand la loi a pu être mise en vigueur dans la terre que Dieu donnait en usufruit aux enfonts d'Israël.

Nous expliquerons cette idée dans notre livre sur le Suicide.

Dieu ayant réglé le sort matériel des douze grandes familles d'Israël, sur la terre promise, cette terre de miracles ne devait retentir que d'hymnes saints. Prêtres de l'Eternel, dont la voix avait retenti dans toutes les oreilles, pasteurs et agriculteurs, cette nation avait été choisie exceptionnelle-* ment comme légataire de la parole divine. « Nation sainte, nation de prêtres. »

Montesquieu s'aperçoit enfin que celte législation n'a pas d'application parmi les nations, et la seule législation qu'on ne puisse pas scinder^ parceller^ il

la scindent la parcelle néanmoins. Il dit que la peine de mort est^ comme le remède de la société malade , espèce de Talion.

Et au chapitre de la Révélation des conspirations. Esprit des LoiSy il cite d'abord la Bible :

<( Quand ton frère, ou ton fils, ou ta fille, ou ta « femme bien aimée, ou ton ami, qui est comnïe c ton âme, te diront en secret : Allons à d'autres c< dieux^ tu les lapideras. D'abord ta main sera sur <( lui, ensuite celle de tout le peuple. »

Yoilà la loi de Moïse, et yoici le commentaire de Montesquieu :

« Cette loi du Beutéronome ne peut être une loi « civile chez la plupart des peuples que nous con- « naissons^ parce qu'elle ouvrirait la porte à tous « les crimes.

Ainsi^ la législation de Moïse, la seule au monde qui a inspiré le plus V horreur du crime, ne pourrait entrer dans les législations modernes qu'en ouvrant la porte à tous les crimes. Et cette loi que repousse Montesquieu, avec raiâon, dans la moderneté, était cependant la loi sans laquelle Israël ne pouvait pas vivre devant l'éternel, parce que^ allant vers d'autres dieux, on tombait dans l'abomination de Canaan, de Canaan mis en interdit pour ses abominations I Et cependant c'est dans cette législation criminelle que Montesquieu a pris sa loi du Ta-

lion, et c'eftt là qu'il a puisé l'idée malheweuse : « Que la peine de mort était comme le remède «de la société malade. » Parce qu'il n'a pas bien compris que la lai mosaïque n'était applicable qu'en Israël^ et ne pouvait servir aux nations parce que cette admirable législation est un tout qu'on ne peut pas diviser. Voici cette législation dans l'espèce.

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