CHAPITRE XIV
NOIR calcul!
« Pour placement et déplacement de la
« guillotine 50 f. »
« Pour course en voiture du Palais ide
« Justice à la Grève 6 »
« Pour avoir fait aiguiser le couteau à
« neuf et réparations amicales. ...... 2 »
« Une chandelle pour graisser la rainure. » 30
ce Pour le son dans le sac. n 90
u A Monsieur, pour son droit 900 »
« Au premier valet 20 »
« Le corps entier 00 »
« 338 50 « Jules Janin (1) »
« Si les gouvernements veulent détruire ente tièrement ce genre affreux de mélancolie, pr^* M server la vie des citoyens, rendre enfin toute « sécurité à la société, je pense ferm^nent qu*il u faut qu'ils se résignent à abolir ou le supplice, « ou sa publicité; car la vue de ce fatal instru- « ment suffira toujours pour réveiller, pour en- « courager, pour corroborer un instinct patholo- « gique de destruction. »
PlBRQUiN.
Reyenons à la nécessité qu'il y aurait à changer le mode de supplice employé en France^ en atteni dant l'abolition de la peine de mort.
Pour nouSy rien ne noua dissuadera que le décapité ne vive après la décapitation; qu'il ne pense, r qu'il ne sente, qu'il n'entende. Weikard a vu
(1) Nous croyons que M. Janin se Ironipe de 38 fr. 50.'
se momoir, comme pour parler, lés lérres d'un homme décapité ^ et le décapité parlerait, si les organes de la yoix n'étaient pas délniits, dit Sœmmering. Charlotte Gorday a rougi sous le soufflet, et les yeux de M"* Elisabeth se sont levéà une dernière fois vers te Ciel, où elle allait!...
N'y eut-il que doute, il faudrait s'abstenir: Qu'importe à la société, qui veut la peine de mort, que ce soit par la corde, ou par le fer.
OElsner dit : « qu*aussi longtemps que le cerveau conserve sa force vitale, le supplicié a le sentiment de son existence. » Et Pierquin ajoute : c< et le sentiment de sa fin prochaine. » Le décapité n'est pas mort, il sait et sent qu'il yit, et il sent qu'il va mourir.
« Il est cependant aisé de démontrer à quiconque c( possède quelques légères connaissances de la con- « struction et des forces vitales de notre corps, que le c( sentiment n'est pas entièrement détruit par ce a supplice. Ce que nous avançons est fondé, non « sur des suppositions, mais sur des faits :
« l"" Le siège du sentiment est dans le cerveau.
« 2* Les opérations de cette ^ conscience peuvent < s'effectuer, quoique l'afflux du sang au cerveau « soit suspendu, faible ou partiel : Donc la guillo- « line doit être un genre de mort horrible.
a Dans la tête séparée du tronc, le sentiment, la
(( pêrsmmtlité, le nm, reste vivant pendant quela que tewq)$ , et ressent tarrière^dmleur dont le « cou est affecté^ » (SoEMHERmfi.)
La tête conserre la chaleur î ! ! . . . .
« Une autre considération se présente à mon es- « prit, c'est que la guillotine frappe à Tendroit le a plus sensible du corps, à cause des nerfs qui y c( sont répandus et réunis. Le cou renferme tous les c( nerfs des branches supérieures, les branches de « tous les nerfs des viscères, et enfin la moelle épi- (i nière qui est la source même des nerfs qui apparue tiennent aux membres inférieurs. Par conséquent, « la douleur du brisement ou déchirement du cou (( doit être la plus violente y la plus sensible, la plus u déchirante qu'il soit possible d'éprouver. Il faut (( connaître ces nerfs, il faut les avoir vus pour se « faire une idée de la violence de ces douleurs^ et si ce elles ne continuent que pendant quelques heures, c( ce qui n^est pas du tout probable, selon ce que (( nous avons dit plus haut, il restera toujours la « question de savoir si sa courte durée peut com- « penser Nniensité horrible de la souffrance. »
(SOEMMERING.)
L^ docteur Leving a grand nombre defois fait l'expérience d*irriter la partie de la moelle qui restait attachée a la têle apr^s sa séparation» et les convulsions delà tête devenaient horribles. '
iVaulres ont enlendu le.grincement des dcnis ! ! I [Note de f Auteur.^