‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 50 sur 122 · LE BOURREAU I · texte numérisé non relu

LE BOURREAU I

Que l'exemple de cette vaste moralisation immédiate sorte des flancs de celte cité qui s'enorgueillit si fort d'être la tête et le cœur de l'Europe ; et, par l'association, cette œuvre immense est de toutes les choses faciles la plus facile I...

Il y a à Paris trois cent mille hommes qui, sans déranger l'assiette de leurs habitudes, de leurs plaisirs y de leur' personnalité, de leurs goûts, sans qu'il en coûte le moindre rétrécissement à l'ensemble de leur mollesse et de leur sybaritisme , peuvent offrir à DieUy avant ou après leur prière, et l'offrir comme l'encens le plus agréable à sa Divinité, un franc par jour!... Au lieu de trois cent mille, admettons qu'il n'y ait à Paris que cent mille âmes pieuses et honnêtes qui puissent vouloir marcher dans l'ombre de

Dieu, se placer immédiatement soiis son œil le sentir chaque jour dans son cœur, ce serait cent mille francs par jour, et trois millions par mois. Avec trois millions par mois , nous faisons la plus grande œuvre sociale qu'aucun peuple ait jamais entreprise! Nous détruisons la pauvreté, nous détruisons le salariat, ce dernier lambeau de l'esclavage.

Nous formons à Paris des chantiers préëdés par chaque maire de chaque arrondissement, avec un conseil , el le préfet de la Seine président général de tous les présidents en assemblée générale. Nous achetons les locaux^ nous achetons les matières premières. D'ouvriers salaries, nous faisons des maîtres qui travailleront pour eux. A Paris chacun travail* lera pour soi, sous l'œil de la loi, sous la main de l'autorité. Les pères pourront élever leurs enfants jusqu'au degré nécessaire à leur profession , et développer leur moralité. Une race forte, moralement et physiquement, remplacera cette race qui chaque jour s'étiole et dépérit. La mendicité sera proscrite , le vagabondage le sera aussi. L'autorité forcera au travail heureux toutes les immondices qu'ont faites l'ignorance et la misère. Autour de nous, ce qui grouille dans la paresse et le malheiur, croîtra dans le bien. Cette infection de nos cités, la prostitution, sera rejetée dans des lupanars inconnus I... eHe

pourra être poursuivie jusque dans ses derniers antres! La prostitution qu'on ne guUlotine pas, et qui fait plus de mal à la société dans un an , que tous les criminels atroces n'en font au monde dans vingt I La prostitution , cette putréfaction d'où s'échappent le crime, la débauche et la paresse! La prostitution, à laquelle cette belle et vigoureuse race gauloise doit son rachitisme et sa débilité, putréfaction qui produit des infirmités qui atteignent -même les races futures^ et qui n'est pas moins fatale à ceux qui sont qu'à ceux qui doivent être!

L'homme appelé parla société a accomplir la loi de son être,à travailler pour soi, doit être forcé au travail; et l'homme travaille avec joie et courage, quand la peine de chaque jour produit la joie de chaque jour. £n offrant un travail productif, suivi, assuré, dont tout le lucre revient à ceux qui ont fait le lucrey ce travail est accepté, et s'il ne l'était pas, dans un gouvernement bien organisé, au paresseux le nerf de bœuf du garde-chiourme, pour n'avoir pas à lui infliger la hache du bourreau! Voilà ce que nous pouvons faire avec un franc par jour \ s'il y a à Paris, cent mille croyants qui veuillent se grouper autour de Dieu, autour de l'autorité municipale. Ce que Paris aura fait, la France le fera, ce que la France fer^, l'Europe le fera, et si IM^urope ne

le fait pas, dans yingt ans la moitié de sa population sera dans le nouveau monde.

Naguère y dans un livre (1) que la conscience publique a accueilli^ nous disions :

« Lève-toiy va-t-en parmi les hommes, console, t conseille^ éclaire! Ya, et ne regarde ni les sou- « rires de ceux qui n'ont pas de cœur, ni les sar- « casmes de ceux qui ne regardent pas en haut. Ne a te détourne pas du but; descends dans la fange ce de la corruption, dans la fosse du crime, pro- « clame Dieu! provenance éternelle de Téternelle « morale. La méchanceté est un faux calcul; l'é- (c goïsme^ un amour mal entendu ; le crime, une a démence. Il faut une pitié incommensurable pour « tout ce qui déchoit^ car la misère en est la cause <K cruelle par trop souvent. Aie pitié de l'homme a qui n'est qu'un enfant, et qui aimerait le bien <K s'il en connaissait toutes les bénédictions.

€ Arme-toi contre le fort injuste, pour secourir « le pauvre opprimé, et reste ferme dans cette c croyance : que du plus grand des scélérats, c'est « un devoir d'en refaire un homme de bien, qu'on « le doit, qu'on le peut, parce que l'homme ne peut « pas détruire l'œuvre de Dieu, qui est le sentiment a du juste et du bon.

(1) Le Due/.

« Et quand ta auras accompli ta tâche d'ouvrier m de Dieu, couche*toi avec délices dans la tombe ; « retire-toi vers ta mère, et rappelle-toi cette « grande parole d'un philosophe qui erra beaucoup t lui-même, parce qu'il était homme : « Qui s'en- « dort dans les bras d'un père n'est pas en souci du « réveil. »

Soyons cent mille ! cinquante mille ! Si Dieu ne compte pas cinquante mille soldats, soyons vingtcinq mille! douze mille! six mille! trois mille! soyons mille ! !

Mai3 si nous évitons la face de l'Étemel, que nous faussions la solidarité humaine, pour le denier de la sordidité de la terre,

Dieu,

à son heure, ne nous dira-t-il pas :

« Ames inutiles, passez ! !..

tandis que Taccomplissement du devoir est la félicité morale, une sécurité sociale, une certitude de bonheur dans l'éternel repos.

l'abbé mitbàud.

a Le grand dogme social, c'est la solidarité hua maine dans les besoins de la création^ et je le « trouve à chaque mot de TÉvangile, il y est comme « Dieu dans l'univers, partout; c'est la nature elle-

(( même qui Ta grayé dans nos àmes; les familles « qui lui obéissent, offrent l'image du ciel sur la « terre; lorsqu'il inspire une armée, elle est invin- <i cible; les peuples qui l'inscrivirent sur leur ban- « nière furent les plus grands peuples du mK>nde. (t La république romaine tout entière était insultée c< pour un outrage fait à un citoyen romain. On cite « un roi plus grand que tous les autres rois, saint <( Louis, dont la table était vraiment royale^ puisoc qu'elle était la table commune, et que le pauvre c( s'y asseyait à côté du monarque.

a La solidarité se mêlait à toutes les actions, à « toutes les paroles, à tous les mouvements de l'âme « de ce prince, son cœur avait la même pulsation <( que tous les cœurs français. Il n'y avait point de « rançon pour la vie du roi de France : « J'aime « mieux donner ma vie, celle de ma femme, celle a de mes enfants, à Dieu, que de séparer mon sort a des Français ici céans. » Pas un homme ne souf- « frait en présence de saint Paul, que la douleur ne a fût empreinte sur les traits de cet apôtre ; saint « Paulin se met à la place d'un prisonnier dont le « travail est nécessaire à la vie de ses enfants ; saint « Vincent de Paul se charge des chaînes d'un galé- « rien, et les chaînes du crime semblent elles- « mêmes sanctifiées. L'ordre et la joie régnent dans a ce séjour de Temporlement et du désespoir. Voilà

« la solidarité. La foi, par ce dogriae, rétablit Té- « quilibre dans le rapport des hommes, dans les ce rapports du ciel et de la terre.

c( C'est la foi en ce dogme qui a inspiré aux india vidus, aux peuples, à Thumanité, leurs plus sua blimes actions, et c'est en se faisant solidaires de a tous les hommes, sans en excepter un seul , que (( Jésus, à qui on reprochait sa bonté sur la terre, « pour les pécheurs, meurt sur la croix. La solida- « rite, c'est le dogme de la rédemption humaine, < c'est le dogme de Tamour de Dieu et des hommes, « c'est le repos des intelligences , c'est la paix de « l'âme, c'est le mouvement de l'humanité vers la a vertu et le bien-être , c'est l'affranchissemenl « universel, c'est la coopération de tous à l'action a divine du Christ. »

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