CHAPITRE XX
Exurge, quare abdormis. Domine?
Exurge, et ne repellas in flnem. Quare faciem tuam avertis, oblivisceris tribubulationem noatram.
Ps.
Oui L.. levez-vous. Seigneur ; pourquoi dormezvous? Levez-vous, et ne nous rejetez pas éternel lementt Pourquoi détournez -vous voire visage; pourquoi nous oubliez-vous dans noire affliction ?
Dieu a écrit :
c Tu ne tueras pas. »
Et un homme a dit :
« Placez Sion sur Josaphat, sur Sion et Josaphat « le Golgotha, et sur le Golgotha le temple de l'É- <K terne! y tout sera dépassé par le sang que la colère « des hommes a versé !...
Qui donc criera halte> qui donc criera assez? Est-ce que Dieu ne suscitera pas quelques puissants de la terre 9 qui seront les Alexandre, les César et les Annibal d'un héroïsme nouveau 1 Personne ne viendra-t-il faire pour le bien, ce qu'on a fait pour le mal, avec une si longue et si cruelle lenacité ! Estron un utopiste, en déclarant que la paix vaut mieux que la guerre, et la vertu plus que le crime? que la clémence dans les lois pénales fait les mœurs douces, et que l'atrocité dans les peines produit l'atrocité dans les mœurs. On verra, dans la suite de cet ouvrage, que comme on considère la peine de mort, c'est le plus grand malheur des sociétés, et qu'on ne saurait trop se hâter d'abolir cette peine I Mais en attendant que la munificence divine fasse descendre dans le cœur des puissants de la terre un rayon de son intelligence paternelle, crions bien fort qu'au moins le supplice ne soit pas une longue torture; que la mort que la société
veut donner anx criminelât ne soit pas autre chose que lamortll!
Onra vu, dans un des chapitres de ce livre, l'épouvantable citation que nous avons empruntée à Victor Hugo; on y a vu le couperet tomber cinq fois sur le cou du patient, chaque fois coupant un peu, sans jamais couper cette malheureuse tête , qu'un valet du bourreau dut enfin scier avec un couteau III... Eh bieni cette scène de Fenfer, cette épouvantable atrocité vient de se reproduire. Il y a trois jours y à Berlin,- sept fois la hache tombe, sept fois le cou est entamé; sept fois on charcute la chair humaine, jusqu^à ce que l'horreur s'empare du ccsur de la foule; furieuse d'indignation, elle s'arme de pierres et poursuit le bourreau, qui s'enfuit chez lui, pénétré de la même horreur , et se brûle la cervelle!.... Ohl que cet être a dû mourir avec volupté, pour jeter bas le fardeau du sang! IL... Nous le répéterons : Admettez que, comme vous le croyez, la décapilatien ne soit pas une mort cruelle I Admettez que le décapité ne vive plus, qu'il ignore qu'on lui a coupé la tête ; qu'il ignore, dans cet état, qu'il mourra bientôt ; qu'il ne vous entend pas parler, qu'il ne vous comprend pas, du moins, vous le voyez, l'imperfection de la mécanique produit trop souvent des événements si épouvantables, qu'il faudrait avoir
hâte d^ changer le mode de supplice. Quç fsAU à la société, que le criminel meure p«r la corde ou ^mr le fQr.Ce que veut la loi^ c'est qu'il muref fWe ne prescrit pas autre chose, pour y ajonteF r^tro-cité, que nous ignorons, et les accident^ d'un loécanisme imparfait
La strangulation donne la mort, et une ntf)fi prompte, excessivement douce. La luxation de U colonne vertébrale amène la mort sans que le pçir tient éprouve plus de douleur que s'il dormait, que si on le pçndait dans Tétat dechloroformisation.
c( Un scélérat avait été pendu sans mourir (1) ; il c( avouait très naïvement qu'aussitôt qu'il fut jeté ii de l'échelle, il vit un grand feu et ensuite de « fort belles allées.
A Un autre, dont la corde rompit trois foi$, se « plaignit amèrement de ce qu'en le secouant on lui u avait fait perdre les charmes d'une lumière ^ I9 « plus agréable qu'il pût imaginer. Bacon (2) rap- » porte qu'un gentilhomme anglais , s'étant pen()u , » dit , après avoir été sauvé au moment de mourir , ^< que j sans avoir éprouvé le moindre mal , il avait ^< d'abord vu un feu semblable à ui(i vaste incendie, « ensuite des ténèbres, et enfin des couleurs maa gnifiques, bleues et pâles, telles qu'elles se préci) Dialogue, d'orat. Tuber, De la Mort. I {9} Legendre. Traité de rOpMm. i
« sentent aux yeui de ceux qoi tombent en défail-^ M lance. »
(PlEUQUIN.)-^
Nous avons eonnu deux hommes qui avaient été pendus. Absence de douleur, nous disaient-ils ; une espèce de plongeon dans une mer très tourmentée, mille fantasmagories lumineuses : Yoiià cette ttiorti
Pour éviter les horreurs des accidents, de la guillotine, ces mares de sang, Thorrible souffrance du patient, op devrait revenir à ce modèle donner la mort.
Le supplice du coupable doit être tout entier dans les angoisses de ^appréhension du supplice I Ce supplice est assez grand, l'âme est assez labourée pour que là, finisse la colère de la société contre le coupable.
Écoutez et jugez!
« Un journal américain a publié la narration « d'un faussaire pendu en Angleterre, et rappelé à H la vie. On y voit à chaque pas que la douleur n'est tL pas dans la mort, mais peut-être dans les idées « qui la précèdent. Écoutons un moment te taUeau « fidèle des pensées et des angoisses dernières :
« Il était quatre heures de l'après-midi, Elisabeth « me quitta, et quand elle fût partie, il me sembla » que l'avaia àm tout ce que j'avais à faire en ce
« monde. J-aiirais pu scmhaifer de mourir là et k « rheure même r j'avais fait la dernière action de « ma vie. Mais à mesure qu'arrivait le crépuscule, « ma prison devenait plus froide et plus humide ; a la soirée était sombre et brumeuse^ et je n'avais u ni feu ni chandelle^ quoique ce fÀt au mois de « janvier; mes esprits s'affaiblirent par degrés» mon « coeor s'affaissa sous la misère et la désolation de «tout ce qui m'entourait, et peu à peu la pensée « d'Elisabeth, de ce qu'elle deviendrait, commença a à céder devant le sentiment de ma propre ^Uia* « tion.
« Ce fut la première fois, je n'en puis dire la « cause, où mon esprit comprit pleinement l'arrêt M que je devais subir dans quelques heures; en y a réfléchissant, une terreur horrible me gagna, « comme si ma sentence venait de m'être pronon- « cée, et comme si jusque là je n'eusse pas su réela ment et sérieusement que je dusse mourir.
« Je n'avais rien mangé depuis vingt--quatre « heures; quand je regardais ma nourriture, d'é- « tranges idées s'emparaient de moi; je pensais a aux animaux des champs, aux oiseaux de l'air « qu'on engraisse pour la tuerie. Une sorte de « bourdonnement sourd s'empara de mes oreilles, < sans que je pusse m'en débarrasser. Quoiqu'il fit f nuit close, des étincelles lumineiuses aUaie&t et
— toi —
« Tenaient devant mes yeux, et je ne peuvais rien « me rappeler. J'essayai de dire mes prières; mats (t je ne pus me seayenir que de quelques mots çà « et là, et il semblait que ces mots étaient autant « de blasphèmes que je proférais; je ne sais ce c< qu'ils étaient.
« Je ne puis me rendre compte de ce que je dis « alors. Mais tout^à-coup, il me semldla que toute « cette terreur était yaine et inutile, et que je ne a resterais pas là pour y attendre la mort. Je me « levai d'un seul bond ; je m'élançai aux grilles des (( fenêtres du cachot; je m'y attachai avec une telle « (mce que je les courbai; je me sentais la puis- (( sance d'un lion. Je promenai mes mains sur ehai< que partie de la serrure, et j'appliquai mon (I épaule contre la porte , garnie en fer et plu (I pesante que celle d'une église ; je tâtonnais le « long des murs et jusque dans les recoins, quoi- « que je susse très bien que tout était en pierre « massive et de trois pieds d'épaisseur , et que , « lors même que j'aurais pu passer à travers une H crevasse plus petite que le trou d'une aiguille, je H n'avais pas la moindre chance de salut. Au milieu a de tous ces eflTorts, je fus saisi d'une faiblesse, « comme si j'eusse avalé du poison, et je n'eus que « la force de gagner, chancelant, la place qu'occu- « pait mon lit. J'y tombai, et je crois que je m'éva-
m doais; mais cela ne dura pas^ car mb tèlè tow'^ « nait et là chambre me paraissait tourner aussi. Je « rêvai, entre la veille et le sommeil, qu'il était mi- « nuitt et qu'Elisabeth était revienoe comme elle me n l'avait {NTomis, et qu'on refusait de la laisser en- «trer. 11 me setaiblait qu'il tombaitrune neige c épaisse^ et que les rues en étaient toutes cou- « vertes, comme d'un drap blatte. Je voyais £lisa« K beth mcNTte, couchée datts la neige, au milieu des « ténèbres, à la porte de la prison. Quand je revins « à moi, je me débattais sans pouvoir respirer* Au K bout d'une ou deux minutes j'entendis Thorioge a du Saint-Sépulcre sonner dix heures, et je connus « que j'avais fait un rêve.
« Quelque temps après, j'essayai de me reppder « tout ce que j'avais entendu dire siir la mort par « pendaison, que ce n'était que Tangoisse d'un moc ment, qu'elle causent pw ou point de do^ew, « qu'elle éteignait la vie sur-le^^hamp, et, de là^ je c passai à vingt autres idées. Peu à peu, ipa téjte ce commença à divaguer et à s'égarer encore une « fois. Je portai mes mains à ma gorge, je la serrai u fortement comme pour essayer de la sensation « d'étrangler ; ensuite, je tâtai mes bras aux en- « droits où la corde devait être attachée^ je la sen* « tais passer et repasser jusqu'à ce qu'elle fiit ^uée K solidement ; Je me sentais lier les mains ensem*
K ble; mais la chose qui me faisait le plus d'hors H réut était Vidée de sentir le bonnet blanc abaissé i( sur mes yeux et sur mon visage, Si f avais pu évita ter cela ^ le reste if eût Tpas été si horrible. Aumi- <r lieu de ces imaginations^ lin engourdissement K général gagna petit à petit mes membres. L'é- (T tourdissetiient que j^avâis éprouvé fut suivi d'une « pareille stupeur qui diminuait la souffrance causée « par mes idées, quoique je continuasse encore à « penser. L'horloge de Téglise sonna minuit ; j'avais ce le sentiment du son, mais il m'arrivàit indistinc- « tement, comme à travers plusieurs portes fermées « ou d'une grande distance. Feu à peu je vis les < objets qui erraient dans ma mémoire de moins en '< moins distincts, puis partiellement, puis ils dispar ru refit tout à fait. Je m'endormis. Je dormis jus* (X qu'à l'heure qui devait précéder l'exécution. Il « était sept heures du matin, lorsqu'un coup frappé ^ à la porte de mon cachot m'éveilla. J^entendis le « bruit comme dans un rêve, quelques secondes H avant d*ètre complètement réveillé, et ma pre- « mière sensation ne fut que l'humeur d'un homme « fatigué qu'on réveille en sursafut ; j'étais las et je «voulais dormir encore. Une minute après, les 4r verroui à l'eitérieur de mon cachot furent tirés; « un geôlier entra portant une lampe, et suivi du « gardien de la prison et de l'aumônier. Je levai Itf
« tête; un frisson semblable au cboç électrique ^ à « un plongeon dans un bain de glace, me parcourut « tout le corps* Le sommeil s'était dissipé comme si <c je n'eusse jamais dormi , comme si jamais plus je « ne devais dormir; j'avais le sentiment de ma si-
« tuation. R , me dit le gardien d'une voit basse,
« mais ferme, il est temps de vous lever. L'aumô-u nier me demanda comn^nt j'avais passé la nuit^ « et me proposa que je me joignisse à lui pour « prier* Je me recueillis sur moi-même, et je restai « assis sur le bord du lit. Mes dents clsiquaient, et u mes genoux s'entrechoquaient en dépit de moi. a II ne faisait pas encore grand jour ; et comme la « porte du cachojt restait ouverte, je pouvais voir « au delà la petite cour ouverte : l'air était épais « et sombre, et il tombait une pluie lente et cou- « tinue.
« J'essayai de faire une autre observation, quand « le gardien fut prêt à quitter le cachot, mais cette ce fois je ne pus faire sortir les mots; mia langue « s'attacha à mon palais; j'avais perdu la faculté de « parler ; je fis de violents efforts, ils n'aboutirent « à rien, je ne pouvais pas. prononcer. Lorsqu'ils « furent partis, je restai à la même place sur le lit. « J'étais engourdi par le froid, probablement par le « sommeil et par le grand air imccoatiimé qui « avait pénétré dans ma prison, et je demeurai
^ F0ilJé, ^.qr aipM.dir6, sur 0101-41161116) afi» de me • tenir pjiiiç chaud, lesr bras croisés sar ma poitriae» « la tête p^nd^nte, et tremblant de tous mes memft hfe$. Mon corps me semblait un poids insuj^r- H tali^.qu^ j'étais hors d'état de remuer.
ir La jour éclairait de plus en plus , quoique jau* ^ nàtre et terne, et la lumière se glissait par degrés « dan» mon cachot, me montrant les murs humides <t et le pavé noir, et je ne pouvais m'empêcher de a remarquer ces choses puériles, quoique la mort (c m'attendit à Tiostant d'aprè8%
« Jki remarquai la lampe que le guichetier avait « posée à terre^ et qui brûlait obscurément avec M une longue mèche,^ pressée et comme étouffée «: par Tair froid et malsain, et je pensai qu^elle n'a- <t varit pas été ravivée, depuis la veille au soir« Je « regardai le chààâs en fer nu et glacé sur lequel « j'étais assis, et les. énormes tètes de clous qui gar^ « nissaient la porte du cachot, et les mots écrits sur « les murs par d'autres prisonmers. Je tâtai mon « pouls ; il était si faible qu'à peine pouvais-je c( compter les pulsalionis, II m'était impossible de « m'amener à sentir, en dépit de tous mes efforts^ « que j'allais mourir. Pendant cette anxiété, j'en- « Iradis ia.dk)i0he de la chapelle commencer à sonic ner l'heure, et je pensais : « Sei^^eur, ayez pitié « de nîoi^ malheureux I » €e ne pouvait ètfe encore
« les trois qairrts après sept heures!.... L'horloge tr sonna lési trois quarts, puis huit heures. Ce qui me « resteàdhre occupera peu d'espace; messouve- <( ttirs sont très précis jusque-là , mais pas à beau- « coup près aussi distincts sur ce qui ][suitit. Je tae «rappelle cependant très bien commëtit je sortis « de mon cachot pouf passer dans la grande salle. <r ïievft hômmesy petits et ridés ^ yétus de noir, me K soutenaient; je sais que j'essayai de me' lever < qtoand je vis etitf èr le gardien de la prison av«c « ces hommes, mai» je ne pus pas.
« Dans la grande salle étaient déjà les dein mal- « heureux qui devaient subir leur snp|3ic6 avee <x moi. Ils avaient les bras et les maîM liés derc rière le dos^ et ils étaient couchés siir un banc en « attendant que je fusse prêt. Un vieillard maigre à H cheveux blancs, lisait à Tun d'eux, il vint à moi
cet médit quelque chose que nous devrions
« nous embrasser, à ce que je crois, je neTentendis H {^s distinctement.
« La chose la plus difficile pour moi était de me c< retenir de tomber; j'avais cru que ces moments « seraient pleins de rage et d'horreur^ et je n'éprou^ « vai rien de semblable, mais seulement ime faite blesse, comme si le cœur mé manquait, et cbmihe <c si la planète même sur laquelle j'étais se dérobait ^ souB moi. Je ne pus que faire signe ao vieiferd à
« cheveux blaiiGS de me laisser ; quelqu'oh intervint « et le renvoya. Oti acheva de m'afftaicher les bras « et lesmainsv J'entendis un officier dire à l'àumô- « nier que tout était prêt. Comme nous sortions, un «des hommes en noir porta un verre d'eau à mes c lèvresy mais je ne pus l'avaler.
« Je sentis encore une fois^ je vis, et ce fut le « dernier mouvement de complète perception que (( j'eus. Je senitis la transition brusque de ces pasa sages souterrains à ceux de la prison, chauds, « étouffés» éclairés par dès lampes, et je vis l'im- « mense foule qui noircissait toute retendue de la n rue afU^dessoœ de moi ; les fenêtres des maisons « et des boutiques vis-à-^Vis, garnies de spectateurs «jusqu'au quatrième étage; je vis l'église dans le (4 lointain, et j'entendis k cloche. Je me rappelle «X l'état du ciel; l'horriUe perspective est encore « tout entière devant moi : l'échafaud, la pluie, les « figures de la multitude, le peuple grimpant sur les « toits; un murmure bas et rauque circula dans la « foule lorsque nous parâmes. Jamais je ne vis tant « d'objets à la fois, si clairement et si distinctement « qu'à ce coup d'œil, mais il Rit court.
« A dater de ce moment, tout ce qui suivit fut nul « pouruppi.'JUfs prières de l'aumônier, l'attache du « nœud« U iKmnet dont l'idée m'inspirait tant « d'horreur, ne m'ont laissé aucun souvenir. J'ai lu
« depuis, dans les gazettes, ma conduite sur l'écha-^ « faud ; il y était dit que je m'étais comporté dignec ment, avec fermeté; que j'avais paru mourir sans « beaucoup d'angoisses, que je ne m'étais pas dé- « battu. Tous mes sourenirs cessent à la vue de la « rue et de l'échafaud. »
« Ainsi, j'y suis. Le trajet exécrable est fait. La ce j^ce est là, et, au-dessous de la fenêtre, l'hor-- « rible peuple qui laboie,. m'attend et rit.
« J'ai eu beau me raidir, beau me crisper, le m cœur m'a failli. Quand j'ai vu au-^dessus des tètes c ces deux bras rouges avec leur triangle noir au Ci bout^ dressés entre les deux lanternes du quai, le « cœur m'a failli.
« Trois heures sonnaient, on est venu m'avertir « qu'il était temps. J'ai tremblé, comme si j'eusse c( pensé à autre chose depuis six heures, depuis six « semaines^ depuis six mois. Cela m'a fait l'effet de a quelque chose d'inattendu.
H lis m'ont fait traverser leurs corridors et des- K cendre leurs escaliers. Ils m'ont poussé entre c# deux guichets de rez-de-chaussée, salle sombre, I « étroite, voûtée, à peine éclairée d'un jour de ; a pluie et de brouillard. Une chaise était au a milieu. Us m'ont dit de m'asseoir, je me suis u assis.
c( Il y avait prè» de la porte et le long des murs « quelques personnes debout, outre le prêtre et les « geudarmes, et il y avait aussi trois hommes.
« Le premier, le plus graud, le plus vieux, était ^ gros et avait la face rouge. Il portait une redina gotte et un chapeau à trois cornes déformé. C'était u lui. C'était le bourreau, le valet de la guillotine. a Les deux autres, ses valets à lui.
« A peine assis , les deux autres se sont appro- « chés de moi, par derrière, comme des chats ; puis, « tout à coup, j'ai senti un froid d'acier dans mes « cheveux , et les ciseaux ont grincé à mes oreilles.
« Mes cheyeux, coupés au hasard, tombaient par 4c mèches sur mes épaules , et l'homme en chapeau « à trois cornes les époussetait doucement avec sa c< grosse main. . •
« Un jeune homme près de la fenêtre, qui écri- « vait avec un crayon sur un portefeuille , a dece mandé à un des guichetiers comment s'appelait « ce qu'on faisait là. La toilette du condamné, a « répondu Tautre.
ec Tout à coup l'un des valets m'a enlevé ma veste a et l'autre a pris mes deux mains qui pendaient, cr les a ramenées derrière mon dos, et j'ai senti les a nœuds d'une corde se rouler lentement autour de « mes poignets rapprochés. En même temps l'autre